Actualités

MALADIE du FOIE GRAS : Pourquoi les femmes sont plus épargnées

Actualité publiée il y a 7 mois 3 semaines 13 heures
Nature Communications
Pourquoi les femmes sont plus résistantes à la stéatose hépatique non alcoolique que les hommes ?  (Visuel Adobe Stock 284475089)

Pourquoi les femmes sont plus résistantes à la stéatose hépatique non alcoolique que les hommes ? Cette équipe de la Pusan National University (Corée du Sud) décrypte, chez la souris, le rôle d'une protéine qui aide à prévenir chez les femelles, la maladie du foie gras. Cres travaux, publiés dans la revue Nature Communications, éclairent les mécanismes sous-jacents de la « NAFLD » (nonalcoholic fatty liver disease) et jettent les bases du développement d’un traitement plus efficace et mieux personnalisé.

 

Car la maladie du foie gras ou stéatose hépatique est l’un des troubles les plus courants dans le monde. Sa forme progressive, la stéatohépatite non alcoolique touche environ 30 % des patients atteints de NAFLD et peut entraîner une cirrhose et un cancer du foie. Des études épidémiologiques ont montré que la NAFLD est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes, en particulier chez les femmes pré-ménopausées. Les hypothèses actuelles suggèrent que l'hormone œstrogène pourrait jouer un rôle protecteur. Un récepteur protéique « formyl-peptidique 2 » (FPR2) a également été invoqué pour son rôle dans la médiation des réponses inflammatoires dans plusieurs organes. L’équipe coréenne se concentre aujourd’hui sur son rôle dans le foie.

Un simple récepteur explique les différences de prévalence selon le sexe ?

L’étude, menée par le professeur Youngmi Jung de l'Université de Pusan chez la souris, met en effet en lumière le rôle clé de FPR2 dans le développement de la stéatose hépatique et contribue à expliquer cette moindre prévalence chez les femmes. Les scientifiques montrent que :

 

  • le récepteur FPR2 est fortement exprimé dans le foie sain de souris femelles, mais qu’il est exprimé différemment dans le foie des souris mâles ;
  • « éteindre » le gène FPR2 rend les souris mâles et femelles vulnérables à l’identique à la stéatose hépatique, ce qui suggère un effet protecteur de FPR2 sur le foie ;
  • la production de FPR2 dans le foie est médiée par les œstrogènes : des souris mâles supplémentées en œstrogènes externes produisent ainsi plus de FPR2 et deviennent plus résistantes à la NAFLD ;
  • ainsi, des souris femelles privées de leurs ovaires et qui présentent ainsi des taux réduits de FPR2 dans le foie, deviennent plus vulnérables à la maladie.

 

Pris ensemble, ces résultats confirment FPR2 comme une cible thérapeutique possible pour le développement de nouveaux traitements. Cette découverte sans précédent de la production de FPR2 spécifique aux femmes dans le foie et de son rôle dans la résistance à la stéatose hépatique ouvre la voie à une approche mieux personnalisée selon le sexe, en recherche et en pratique clinique.

Autres actualités sur le même thème