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MALADIE THYROÏDIENNE : Des antirhumatismaux pour la prévenir

Actualité publiée il y a 4 mois 4 semaines 1 jour
Journal of Internal Medicine
L'équipe suggère le repositionnement de médicaments antirhumatismaux, indiqués dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR) pour empêcher le développement et la progression de la maladie thyroïdienne auto-immune (Visuel Adobe Stock 171587403)

Cette équipe de pharmacologues du Karolinska Institutet suggère le repositionnement de médicaments antirhumatismaux, indiqués dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR) pour empêcher le développement et la progression de la maladie thyroïdienne auto-immune. Les conclusions, présentées dans le Journal of Internal Medicine, ouvrent l'espoir d'un repositionnement prometteur, pour les patients atteints de PR.

 

Alors qu’il est bien connu que les patients atteints de PR présentent un risque accru de maladies thyroïdiennes auto-immunes telles que la maladie de Hashimoto et la maladie de Basedow, que ces patients sont généralement traités avec des médicaments immunomodulateurs qui affectent le système immunitaire, ces médicaments sont rarement utilisés dans les maladies thyroïdiennes auto-immunes.

 

Les patients atteints de maladies thyroïdiennes auto-immunes sont en effet traités avec des hormones thyroïdiennes qui visent à compenser les modifications de la fonction thyroïdienne normale liées à la maladie thyroïdienne.

 

L’étude, observationnelle, cherchait à déterminer si les médicaments immunomodulateurs qui réduisent l'inflammation des articulations des patients atteints de PR pourraient également contribuer à réduire le risque de maladie thyroïdienne auto-immune. De précédentes études menées chez la souris avaient en effet suggéré que les DMARD (pour Disease Modifying Anti-Rheumatic Drug), un type de médicaments immunomodulateurs utilisés dans le traitement de la PR, pouvaient aussi réduire l'inflammation de la glande thyroïde.

Des DMARD contre la maladie thyroïdienne ?

L’étude analyse les données de plus de 13.000 patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, suivis de 2006 à 2018 vs les données de plus de 63.000 témoins appariés exempts de polyarthrite rhumatoïde. L’analyse constate que :

 

  • le risque de développer une maladie thyroïdienne auto-immune chez les patients atteints de PR est réduit après l'apparition de la maladie rhumatismale vs avant son diagnostic ;
  • les participants atteints de polyarthrite rhumatoïde et traités par des médicaments immunomodulateurs ou « DMARD » (groupe d’intervention) bénéficient bien de la plus forte réduction du risque de maladie thyroïdienne auto-immune ;
  • chez ces patients, le risque de maladie thyroïdienne auto-immune est réduit de 46 % vs témoins exempts de PR.

 

Certains types d’immunomodulateurs peuvent donc bien exercer un effet préventif sur les maladies auto-immunes de la thyroïde, conclut l’auteur principal, Kristin Waldenlind, chercheur en épidémiologie clinique et en rhumatologie au Karolinska Institutet : « notre étude ne démontre pas que c'est le traitement par médicaments immunomodulateurs qui conduit à cette réduction du risque de maladie thyroïdienne auto-immune, mais conforte cette hypothèse. Il faudra reproduire ces résultats avec d'autres études, cependant les médicaments immunomodulateurs actuellement utilisés pour la polyarthrite rhumatoïde apparaissent prometteurs pour le traitement précoce des maladies thyroïdiennes auto-immunes ».

 

Un nouvel exemple de repositionnement.

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