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MÉLANOME et PARKINSON : Le gène de la rousseur, un facteur de risque commun ?

Actualité publiée il y a 2 années 7 mois 3 semaines
Annals of Neurology

Lorsqu’on évoque un gène de la rousseur on pense au risque de mélanome. Cette étude du Massachusetts General Hospital montre comment une variante du gène de la rousseur, et à l’origine d’une peau claire, -ce qui augmente le risque de mélanome -, peut également contribuer à expliquer l'association connue entre mélanome et maladie de Parkinson. Ces travaux publiés dans les Annals of Neurology montrent que les souris porteuses de la « variante des cheveux roux » du gène melanocortin 1 (MC1R) ont une production réduite du neurotransmetteur dopamine dans la zone du cerveau où les neurones dopaminergiques sont détruits, dans la maladie de Parkinson.

Alors que les patients atteints de la maladie de Parkinson ont un risque réduit de développer la plupart des types de cancer, leur risque accru de mélanome est bien reconnu, tout comme le risque accru de « Parkinson » chez les patients atteints de mélanome. Plusieurs études récentes ont également trouvé des preuves suggérant un risque accru de Parkinson chez les sujets roux porteurs de certains variants de MC1R. Une étude en particulier, a suggéré un risque en moyenne deux fois plus élevé de mélanome, chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Un risque de mélanome encore plus significatif chez les hommes et qui augmente après le diagnostic de la maladie de Parkinson.


L'étude est la première à expliquer les effets directs du gène MC1R lié au mélanome sur les neurones dopaminergiques et suggère ainsi de cibler certains variants de MC1R pour contrer la maladie de Parkinson. Ensuite, ces résultats permettent de mieux comprendre le double rôle de ce gène dans la tumorigenèse dans les mélanocytes et dans la dégénérescence des neurones dopaminergiques. Bref c'est un début d'explication de l'association mélanome et Parkinson.

Les variants hérités du gène MC1R déterminent la pigmentation cutanée, la forme la plus courante du gène conduisant à une plus grande production du pigment plus foncé appelé eumélanine et le variant associé à la rousseur qui inactive la fonction du gène, augmentant la production du pigment plus léger appelé phéomélanine. Non seulement la phéomélanine offre moins de protection contre les dommages ultraviolets à la peau que l'eumélanine, mais de précédentes études ont montré qu'elle peut également contribuer directement au développement du mélanome.

Les mutations de MC1R entraînent aussi des symptômes Parkinson-like : l'équipe montre ici chez la souris porteuse de la forme commune de MC1R, que le gène est exprimé dans des neurones produisant de la dopamine dans zone dite « substantia nigra ». Les souris « rousses » chez lesquelles le gène est inactivé en raison d'une mutation présentent moins de neurones dopaminergiques et à développent en vieillissant un déclin moteur progressif et une baisse des niveaux de dopamine, comme dans la maladie de Parkinson. Ces animaux sont également plus sensibles aux substances toxiques connues pour endommager les neurones produisant la dopamine et montrent des signes d'augmentation du stress oxydatif. En revanche, un traitement qui permet d'augmenter la signalisation de MC1R réduit cette susceptibilité aux neurotoxines, ce qui suggère le rôle protecteur du gène sous sa forme normale.

Les variants de MC1R à la fois marqueurs de risque et cibles thérapeutiques prometteuses : MC1R régule la pigmentation et les cheveux rouges est donc un facteur de risque à la fois de mélanome et de maladie de Parkinson. Les résultats suggèrent non seulement un potentiel des agents activateurs de MC1R comme thérapies neuroprotectrices pour la maladie de Parkinson, mais aussi la possibilité, à partir de l'identification des variants de MC1R d'un risque plus élevé de mélanome et de maladie de Parkinson.

23 January 2017 DOI: 10.1002/ana.24852 The melanoma-linked “redhead” MC1R influences dopaminergic neuron survival

Lire aussi: CANCER: Gène de la rousseur, gène de la tumeur ? –

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