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MICI : Blastocystis, le parasite qui peut déclencher l’inflammation

Actualité publiée il y a 7 mois 3 semaines 5 jours
The EMBO Journal
Blastocystis, produit un composé unique de son métabolisme, qui provoque une inflammation intestinale dans des conditions intestinales normales et peut mener à la maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) (Visuel Adobe Stock 588038397)

Ce sous-type rare du parasite le plus répandu au monde, Blastocystis, produit un composé unique de son métabolisme, qui provoque une inflammation intestinale dans des conditions intestinales normales et peut mener à la maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI). Cette équipe de l’Université nationale de Singapour (NUS) révèle ainsi, avec ses travaux publiés dans le EMBO Journal, le rôle d’un sous-type rare, Blastocystis ST7, fréquemment observé chez les patients souffrant de diarrhée et contribue à décrypter la voie par laquelle il induit la maladie.

 

L’intestin humain ou le système gastro-intestinal est un écosystème qui héberge des milliers d’espèces de bactéries (microbiome intestinal). Si certains micro-organismes sont nocifs, beaucoup sont bénéfiques et contribuent à maintenir le corps humain en bonne santé. Outre les bactéries, le microbiote intestinal comprend également d’autres types de micro-organismes, notamment des protistes, des levures et des virus.

 

Blastocystis, le protiste (une forme d’organisme microscopique unicellulaire) le plus répandu au monde comprend de nombreuses sous-espèces, appelées sous-types. Or, le sous-type (ST) de Blastocystis peut conduire chez certaines personnes, pas toutes, à des troubles intestinaux et une inflammation qui mène à la MICI.

Un sous-type rare, Blastocystis ST7, fréquemment observé chez les patients souffrant de diarrhée

Blastocystis ST7 est plus fréquent en Asie qu'en Occident. L’équipe de Singapour révèle ainsi comment Blastocystis ST7 provoque des maladies intestinales chez l'Homme.

 

L’étude a donc cherché à décrypter le processus par lequel Blastocystis ST7 provoque ces maladies intestinales : plusieurs expériences et analyses révèlent que :

 

  • Blastocystis ST7 synthétise une substance au cours de son métabolisme, appelée indole-3. -acétyldéhyde (I3AA) ;
  • l’I3AA une substance d’ailleurs produite dans très peu d’organismes se lie aux cellules immunitaires de l’intestin, ce qui réduit la tolérance de l’intestin aux bactéries intestinales ;
  • cela provoque une réponse exacerbée ou poussée du système immunitaire même lorsqu’il est exposé à des bactéries intestinales normales ;
  • c’est ainsi que l’I3AA favorise l’inflammation intestinale mais également en inhibant les propriétés protectrices d’une classe importante de cellules immunitaires (cellules T régulatrices), ainsi qu’en stimulant l’inflammation par une autre classe de cellules immunitaires (les cellules T helper 17) dans l’intestin.
  • Ce métabolite rare, l'I3AA, favorise donc l’inflammation intestinale et le développement de la MICI.
  • « heureusement », certaines bactéries peuvent annuler les effets de l’I3AA dans l’intestin :

  • un groupe de probiotiques appelés lactobacilles, présent dans des aliments comme le yaourt, le fromage frais, le pain au levain, est donc capable de réguler l’immunité et de lutter contre les maladies gastro-intestinales induites par l’I3AA.

 

Vers une supplémentation par probiotiques ? Il semble donc possible de guérir les patients sensibles à Blastocystis ST7 avec une alimentation riche en lactobacilles ou encore des probiotiques.

 

Les chercheurs poursuivent leurs travaux en tentant de mieux identifier les sous-types spécifiques impliqués dans les maladies liées à Blastocystis, certains sous-types étant nocifs. I3AA pourrait en effet être utilisée comme biomarqueur de maladie et certaines souches de lactobacilles pour prévenir ses effets inflammatoires chez l'hôte.

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