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MICI : Les cellules immunitaires se déchaînent

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 2 semaines
Science Immunology
Un sous-type de cellules T à mémoire, présent dans les tissus intestinaux, est programmé pour produire de grandes quantités de cytokines qui induisent une inflammation chronique (AdobeStock_202780589)

Un certain type de cellules immunitaires déchaînées pourrait expliquer la chronicité des MICI. Cette équipe de l’Université de Californie - San Diego désigne ainsi une nouvelle cible thérapeutique et contribue à expliquer pourquoi les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MII) et d’autres maladies auto-immunes sont souvent « à vie ». Les chercheurs révèlent qu’un type de cellule ou lymphocyte T, qui joue un rôle clé dans la réponse immunitaire est à l’origine de cette inflammation persistante et dommageable du tractus intestinal.

 

La maladie inflammatoire de l'intestin (MII) ou maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) est un groupe de troubles intestinaux affectant 6 à 8 millions de personnes dans le monde. S’il existe de nombreux traitements pour les MICI, un certain nombre de patients ne répondent plus à long terme, et vivent avec des symptômes handicapants dont des douleurs, des crampes abdominales …

On a longtemps pensé que le dysfonctionnement du système immunitaire, la susceptibilité génétique et certains changements dans le microbiome intestinal, jouent un rôle important dans le développement des MICI. Cependant, on connait mal les types de cellules immunitaires impliquées et leurs contributions spécifiques aux MICI.

Les cellules T CD8 + en question

Ces cellules T qui appartiennent au système immunitaire identifient et détruisent les cellules infectées par des agents pathogènes microbiens. Lorsqu'une infection a été vaincue, le système immunitaire laisse derrière lui des cellules durables appelées cellules T à mémoire, donc ces lymphocytes T CD8+, qui résident dans les tissus ou circulent dans le corps, se souviennent de ces agents pathogènes vaincus et restent en alerte en cas de réapparition de ces pathogènes.

Cette équipe internationale de recherche, dirigée par des scientifiques de l'Université de Californie à San Diego a effectué le séquençage de l'ARN de cellules immunitaires isolées de biopsies du rectum et de prélèvements sanguins de patients atteints de MICI vs témoins sains. Avec ces analyses de pointe, les scientifiques identifient plusieurs sous-types de cellules T à mémoire résidentes CD8 +. L'un de ces sous-types de cellules T à mémoire est programmé pour produire de grandes quantités de cytokines qui induisent une inflammation chronique et d'autres molécules permettant de tuer les cellules infectées.

Ces niveaux excessifs et constamment élevés de cytokines induisent une inflammation durable.

  • « Nous constatons que ce sous-type de cellules T inflammatoires est présent à des niveaux excessifs dans les tissus intestinaux des patients atteints de colite ulcéreuse. Notre découverte suggère que ces cellules, au rôle pourtant bénéfique dans la lutte contre les maladies infectieuses, peuvent en fait être nocives dans le contexte des MICI.
  • De plus, ce sous-type de cellules inflammatoires pourrait ne pas rester confiné aux tissus intestinaux, mais pourrait également se diffuser dans la circulation sanguine : cette découverte pourrait expliquer pourquoi les MICI peuvent affecter non seulement les intestins, mais aussi de nombreux autres organes.

 

Vers une nouvelle thérapie ? Cibler ce sous-type de cellules inflammatoires mettre ainsi fin au cycle de l'inflammation et des lésions tissulaires apparaît en effet prometteur.

 

D’autres recherches seront nécessaires pour mieux comprendre le rôle dans les MICI de ces cellules T à mémoire des tissus intestinaux et pour « trouver le moyen » de les cibler.

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