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MICROBIOTE altéré et retard de croissance chez le nouveau-né

Actualité publiée il y a 2 mois 4 heures 19 min
Scientific Reports
Le métabolisme de ces nourrissons à retard ou échec de croissance s’effectue comme si leur corps était à jeun, en dépit d’un apport calorique similaire à celui de nourrissons poursuivant une croissance appropriée.

L’identification d’un microbiome altéré de manière caractéristique, par cette équipe de l’Hôpital pour enfants Ann et Robert H. Lurie (Chicago) va permettre de mieux prédire, prévenir et traiter le retard de croissance chez le prématuré. Des données présentées dans les Scientific Reports, qui viennent expliquer pourquoi le métabolisme de ces nourrissons à retard ou échec de croissance s’effectue comme si leur corps était à jeun, en dépit d’un apport calorique similaire à celui de nourrissons poursuivant une croissance appropriée.

 

On estime que le microbiome humain se compose de plus d’un milliard de bactéries chez chaque individu, avec un nombre de cellules microbiennes 10 fois supérieur à celui de chaque cellule humaine. Cette recherche établit que des caractéristiques spécifiques du microbiome jouent un rôle causal dans l’obésité, les allergies, l’asthme, le diabète, les maladies auto-immunes, la dépression et divers cancers. Elle vient confirmer les conclusions de précédentes études révélant déjà des différences dans la composition du microbiome des prématurés vs les nourrissons nés à terme. D’autres études ont également montré que la malnutrition infantile est associée à une immaturité persistante du microbiome intestinal.

Des signatures spécifiques de la maturation du microbiome associées au retard de croissance

Ces résultats qui précisent également la composition unique du microbiome chez les nourrissons présentant un retard de croissance et confirment le rôle clé du microbiome dans le métabolisme, la croissance et les résultats de santé du bébé. « L’identification de caractéristiques distinctes du microbiome et du métabolisme, associées au retard de croissance va nous permettre de mieux traiter ce problème omniprésent chez les prématurés », ajoute l’auteur principal, le Dr Patrick Seed : « Nous ne disposons actuellement pas des moyens nécessaires pour identifier les nourrissons les plus exposés au risque de retard de croissance. Le microbiome va nous fournir les données dont nous avons besoin pour développer des interventions individualisées et évaluer la réponse au traitement ».

 

Microbiome et croissance du nouveau-né : les chercheurs étudient ici les relations entre microbiome intestinal, le métabolisme et la croissance chez le nouveau-né prématuré et identifient des signatures spécifiques de la maturation du microbiome associées au retard de croissance chez 58 nourrissons nés à 27 semaines de grossesse au plus et pesant moins de 1 kilo à la naissance. L'échec de croissance est ici défini comme un poids inférieur au 3è centile sur les courbes de croissance par sexe à 40 semaines d'âge postmenstruel (terme de la grossesse à la naissance + âge chronologique). Dans l’étude, 36 des 58 nourrissons ont accusé un retard de croissance, les autres ont suivi une croissance appropriée. Les chercheurs identifient, entre ces 2 groupes, des différences constantes dans le microbiome et le métabolisme, indépendamment des complications liées à la prématurité.

 

Une maturation altérée du microbiome intestinal : les nourrissons accusant un retard de croissance présentent ainsi :

  • une maturation altérée du microbiome intestinal,
  • une faible diversité bactérienne,
  • un plus grand nombre de certaines bactéries pathogènes (Staphylococcus et Enterobacteriaceae),
  • de plus faibles proportions de bactéries inoffensives (telles que Veillonella),
  • un développement métabolique retardé avec des caractéristiques suggérant des déficiences dans le métabolisme du glucose et d'autres nutriments non lipidiques, ce qui conduit à une plus grande dépendance aux acides gras,
  • un état physiologique persistant qui ressemble au jeûne.

 

Cette composition unique des communautés bactériennes du microbiome pourrait jouer un rôle dans cet état métabolique similaire au jeûne et pourrait expliquer pourquoi l’augmentation de l'apport calorique est parfois sans bénéfices chez ces nourrissons.

Pour développer des traitements efficaces, il faudra comprendre les raisons de cette incapacité à utiliser les nutriments comme source d'énergie.

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