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MICROBIOTE : Exploiter ses métabolites contre l’allergie

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 1 jour
The Journal of Immunology
Ces travaux ouvrent non seulement la voie à de nouveaux traitements contre les allergies mais rappellent l'importance de bien manger (Visuel Fotolia 126912921).

Certaines bactéries intestinales pourraient transformer les fibres alimentaires en une arme anti-allergique, concluent ces chercheurs de l’Université des sciences de Tokyo qui étudient, précisément, comment les acides gras à chaîne courte modulent la réponse immunitaire. Ces travaux, publiés dans le Journal of Immunology ouvrent non seulement la voie à de nouveaux traitements contre les allergies, mais rappellent aussi l'importance de bien manger.

 

Les bactéries intestinales décomposent les fibres alimentaires en acides gras à chaîne courte, connus pour affecter notre système immunitaire. Dans cette étude, les chercheurs décryptent les mécanismes par lesquels ces composés interviennent dans l’activation des mastocytes. Il s’agit donc bien d’exploiter certains métabolites des bactéries intestinales et leur rôle dans la modulation des réactions allergiques.

La relation complexe entre l'hôte humain et son microbiome intestinal

est devenue un sujet de recherche brûlant, et les scientifiques découvrent constamment de nouvelles raisons pour lesquelles une alimentation saine peut conduire à une vie en meilleure santé. Les fibres alimentaires constituent un aspect particulièrement important de cette connexion bénéfique. Lorsque nous ingérons ces composés, que l’on trouve principalement dans les aliments d’origine végétale, nos bactéries intestinales les décomposent en petites molécules, appelées acides gras à chaîne courte (AGCC). Au cours des dernières années, de nombreuses études ont révélé divers effets anti-inflammatoires et immunomodulateurs de ces AGCC.

 

Les AGCC interagissent avec notre système immunitaire notamment en médiant l’activation des globules blancs mastocytes. Ces globules blancs sont chargés de petits sacs appelés « granules », qui regorgent d’enzymes et de molécules de signalisation comme l’histamine. Lorsqu'un mastocyte détecte un antigène (corps étranger), il devient actif et subit une dégranulation, libérant ces substances dans les tissus voisins et déclenchant une réponse immunitaire rapide. Ainsi, habituellement, les mastocytes jouent un rôle central dans les maladies allergiques, notamment dans les allergies alimentaires graves.

 

Les AGCC anti-allergies ? Il existe de nombreuses preuves des propriétés anti-allergiques des AGCC, cependant les mécanismes précis par lesquels ils régulent la fonction des mastocytes restent mal compris.

 

L’étude, menée in vitro et in vivo chez la souris décrypte les processus en cause :

 

  • des souris nourries avec de l’acide butyrique et de l’acide valérique, deux AGCC représentatifs, présentent moins d’un type de réaction allergique ;
  • le traitement de cultures de mastocytes avec différents AGCC supprime l’l’activation médiée par l’immunoglobuline E (IgE), qui conduit aux réactions allergiques.
  • Les expériences montrent que les AGCC induisent l’activation des mastocytes de 2 manières principales :
  • la première voie repose sur la reconnaissance et l’interaction avec le récepteur GPR109A. Lors de la liaison avec les AGCC, s’ensuit une cascade chimique qui entraîne la synthèse et la sécrétion de prostaglandines. Ces substances interagissent avec les récepteurs EP3 des MC et empêchent la dégranulation, limitant ainsi la libération d'histamine et minimisant la réponse allergique.
  • la deuxième est épigénétique : les AGCC affectent l’activité inhibitrice de l’histone désacétylase, qui régule les modifications épigénétiques. Cela a conduit à des modifications des niveaux d’expression du récepteur IgE, qui finalement inhibent la dégranulation des mastocytes.

Ces résultats permettent de comprendre les subtilités des processus par lesquels

notre corps régule notre système immunitaire à l’aide des bactéries intestinales.

 « L’activation des mastocytes est une cause fréquente de diverses maladies allergiques -qui ne se limitent pas à l’anaphylaxie. Ces travaux pourraient non seulement sauver des vies en prévenant ces réponses dangereuses et contribuer à alléger le fardeau des systèmes de santé ».

 

Au-delà de ces nouvelles cibles thérapeutiques ou mécanismes de régulation complexes impliquant les fibres alimentaires, les AGCC, les acides gras polyinsaturés et les vitamines,

 

« c’est un rappel aussi de l'importance de bien manger. Il est important de démontrer, à l’aide de preuves scientifiques, comment les conditions alimentaires affectent la santé ».

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