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IMMUNOTHÉRAPIE du cancer : Des microsphères de smectite pour la booster

Actualité publiée il y a 5 mois 2 semaines 2 jours
Cell Reports
Des microsphères « smectite-lactobacillus-biofilm » (SLB) apportent un effet antitumoral encore plus significatif que l'utilisation de Smectite ou de Lactobacillus seuls(Université de Nanjing )

Des études ont montré que certains probiotiques peuvent, via le microbiote intestinal, activer le système immunitaire de l'hôte et le sensibiliser à l'immunothérapie tumorale. Cependant, la prise orale de probiotiques est souvent inefficace et la transplantation de microbiote fécal peut entraîner un risque d'infection. Avec ces microsphères de smectite qui supportent spécifiquement les probiotiques en question, L. acidophilus et B. longum, les chercheurs de l’Université de Nanjing (Chine) parviennent à encourager la formation de biofilms probiotiques à la surface des muqueuses intestinales. L’équipe parvient ainsi à prolonger la survie de ces probiotiques, ce qui permet d’améliorer l'efficacité des chimiothérapies et des immunothérapies anticancéreuses. L’équipe apporte une première preuve de concept de sa thérapie, dans les Cell Reports et sur la souris.

 

L'intestin contient des milliards de bactéries et la perturbation du microbiote intestinal peut augmenter le risque de maladies graves, dont les cancers. Le microbiome intestinal joue un rôle essentiel dans la régulation de l'immunité de l'hôte, ce qui a inspiré des stratégies permettant de moduler les micro-organismes intestinaux afin d’optimiser la chimio et l’immunothérapie du cancer. Des études ont montré que les probiotiques tels que Lactobacillus et Bifidobacterium dans la flore intestinale peuvent activer l'immunité de l'hôte et sensibiliser l'immunothérapie tumorale. Néanmoins, les deux principales approches pour modifier la composition du microbiome intestinal, l'administration orale de probiotiques, souvent inefficace et la transplantation de microbiote fécal à risque d’infection, ne sont pas satisfaisantes. Les scientifiques se sont donc mis à la recherche d’alternatives pour favoriser la colonisationen probiotiques de l'intestin de l'hôte.

Visuel Université de Nanjing (Chine)

La smectite pour agréger les bons probiotiques

L'étude révèle que la smectite, un médicament couramment utilisé pour traiter les maladies gastro-intestinales telles que la diarrhée, favorise sélectivement la formation de biofilms de bactéries lactiques (LAB) dans le tractus intestinal. L'augmentation des probiotiques dans le tractus intestinal induit des réponses immunitaires antitumorales plus élevées, ce qui permet de mieux inhiber la croissance tumorale et d’améliorer l'efficacité de l'immunothérapie.

 

Les scientifiques apportent une première preuve de concept chez la souris : l’étude montre que le traitement par Smectite augmente les niveaux de Lactobacillus et Bifidobacterium chez les souris et seules ces deux communautés bactériennes forment des biofilms avec la smectite. La smectite orale exerçe également chez la souris les effets antitumoraux attendus.

 

Des microsphères « smectite-lactobacillus-biofilm » (SLB) : pour faire encore plus simple les chercheurs ont nourri ces souris modèles de mélanome avec des microsphères SLB qui apportent un effet antitumoral encore plus significatif que l'utilisation de smectite ou de Lactobacillus seuls.

 

L’équipe propose ainsi une technologie efficace et sûre pour promouvoir la colonisation probiotique et la régulation du microbiote intestinal, via la formation de biofilm probiotique, permettant d’activer les réponses immunitaires antitumorales, « avec un potentiel translationnel immédiat pour l'immunothérapie anticancéreuse ».

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