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MICROBIOTE INTESTINAL : Nouvelles preuves de son rôle clé dans la santé humaine

Actualité publiée il y a 4 mois 1 semaine 2 jours
2019 Gut Microbiota for Health World Summit
Le microbiote intestinal a son « Sommet mondial », c’est déjà une preuve, s’il en fallait, de son rôle de mieux en mieux documenté dans la Santé.

Le microbiote intestinal a son « Sommet mondial », c’est déjà une preuve, s’il en fallait, de son rôle de mieux en mieux documenté dans la Santé. Ainsi, 23 nouvelles recherches sont présentées au Sommet mondial sur le microbiote intestinal pour la santé 2019, ajoutant encore aux preuves que le microbiome intestinal est l'un des domaines scientifiques les plus dynamiques.

 

Cette réunion de premier plan sur le microbiote intestinal est parrainée par l’Association américaine de gastroentérologie (AGA) et la Société européenne de neurogastroentérologie et de motilité (ESNM). Elle souhaite proposer aux professionnels de la santé les données les plus récentes sur l’interaction entre régime alimentaire, la nutrition, le microbiome intestinal et la santé physique et mentale.

 

3 études, parmi les recherches présentées, attirent tout particulièrement l’attention :

  • Réguler la fonction de la glycoprotéine P pour traiter les MICI : La première, intitulée « Microbiome-driven regulation of P-glycoprotein expression on the intestinal epithelium in maintenance of homeostasis », présentée par une équipe de l’Université de Massachusetts Medical School, identifie en effet une nouvelle voie qui dépend de la glycoprotéine P, pour contrôler l’inflammation dans l’intestin. Cette voie empêche les neutrophiles (un type de cellule immunitaire) de s’infiltrer dans les intestins et de provoquer l’inflammation. L'infiltration de neutrophiles est une caractéristique clé de la maladie inflammatoire de l'intestin. Or chez la souris, il a été démontré que les antibiotiques réduisent la présence de bactéries de la classe des Clostridium productrices de butyrate - une molécule déjà documentée pour induire l'expression du gène de la P-glycoprotéine. Les auteurs concluent que ces bactéries jouent un rôle dans le contrôle de l'équilibre entre la santé et la maladie en régulant la fonction de la glycoprotéine P. C’est donc une nouvelle option qui s’ouvre pour traiter les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI).

 

  • Une alimentation riche en fibres prévient l’infection à C. difficile : La seconde étude, intitulée « Diet modulates Clostridioides difficile pathogenesis through host and microbe bile acid metabolism », présentée par une équipe de University of Colorado Anschutz montre que le régime alimentaire peut aider à prévenir l'infection à C. difficile chez les populations à risque élevé. Au centre de ce mécanisme protecteur induit par le régime alimentaire, le métabolisme de l'acide biliaire chez l'hôte et les microbes. Les auteurs ont étudié l’impact du régime alimentaire sur la susceptibilité à l’infection à Clostridioides difficile chez les souris. Ils montrent que les souris nourries avec un régime occidental, riche en graisses et faible en fibres créent un environnement pro C. difficile dans l'intestin. Cela suggère donc qu’une intervention basée sur un régime alimentaire allégé en graisses et riche en fibres pourrait empêcher ou du moins réduire le risque d’infection à à C. difficile chez les personnes à risque.

 

  • Des prébiotiques contre la toxicité gastro-intestinale de la radiothérapie : La troisième étude, intitulée « Reduced oral nutrition contributes to gastrointestinal toxicity of total body irradiation via changes to the gut microbiome », présentée par une équipe de l’Université du Texas, suggère que les prébiotiques pourraient prévenir ou réduire les effets de toxicité gastro-intestinale de la radiothérapie. Ici, les chercheurs se concentrent sur l'impact, chez un modèle murin, du rayonnement sur le microbiome intestinal et la barrière intestinale. Chez des souris exposées à une irradiation corporelle totale, des modifications du microbiome intestinal ont déjà été associées à un amincissement du mucus intestinal et à l’altération de la barrière intestinale. Les auteurs montrent ici que l’administration d'un supplément prébiotique permet d'éviter ces effets, suggérant ainsi le potentiel d'une intervention nutritionnelle chez les patients traités pour un cancer hématologique.

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