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MICROBIOTE : L’antibioprophylaxie chez la mère retarde la maturation du microbiote de l’enfant

Actualité publiée il y a 1 année 6 mois 4 semaines
Scientific Reports
Une femme enceinte sur 3 ou 4 est dépistée positive au streptocoque du groupe B (SGB) durant sa grossesse et la majorité de ces femmes choisissent de recevoir une antibioprophylaxie pendant le travail

Une femme enceinte sur 3 ou 4 est dépistée positive au streptocoque du groupe B (SGB) durant sa grossesse et la majorité de ces femmes choisissent de recevoir une antibioprophylaxie pendant le travail pour prévenir la transmission du SGB à leur bébé à la naissance. Les infections infantiles pouvant entraîner des maladies graves, dont la méningite et le décès du nourrisson, le traitement antibiotique est une stratégie de prévention importante. Cependant, les antibiotiques administrés pendant le travail, retardent l’arrivée et la colonisation de bactéries saines dans le microbiote intestinal des bébés, et ce retard s’accroît avec la durée d'exposition aux antibiotiques, révèle cette étude de l’Université McMaster. Un appel non pas à ne pas considérer cette option prophylactique mais à mieux cerner l'influence des variables maternelles sur le microbiome intestinal infantile.

Les antibiotiques administrés pendant le travail pour éliminer le risque d’infection au SGB affectent le développement des bactéries intestinales chez les bébés, qui présentent donc un retard dans la maturation du microbiote. Cet effet de retard s’avère « spectaculaire » durant les premiers jours et semaines de vie de l’enfant, puis s'estompe en grande partie à l'âge de 12 semaines.

 

La colonisation microbienne précoce est essentielle à un développement sain de l’enfant, en raison de répercussions sur les processus métaboliques et immunologiques tout au long de la vie, explique le Dr Jennifer Stearns, auteur principal de l'étude et professeur de médecine à l'Université McMaster. L’équipe a suivi 74 paires mère-enfant et évalué le développement des bactéries intestinales chez les nourrissons à 4 reprises au cours des 12 premières semaines de vie, à 3 jours, 10 jours, 6 semaines et 12 semaines. Les bébés nourris au sein, nés à terme, en bonne santé, nés principalement par voie vaginale, un faible pourcentage étant né par césarienne, avaient été exposés à des antibiotiques pour prévenir une infection.

  • La recherche montre un retard dans l'expansion des bactéries, en particulier du genre Bifidobacterium.
  • Si l’équilibre des communautés bactériennes semble rétabli chez les enfants à l’âge de 12 semaines, les auteurs font l’hypothèse d’effets possibles de ce déséquilibre précoce sur la santé du nourrisson, d'autant qu’il intervient lors d’une fenêtre de développement importante.

 

Une étude plus large est en cours qui vise à déterminer les conséquences à long terme de l’exposition des bébés aux antibiotiques pendant le travail sur la santé et le risque de maladie.

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