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MORT SUBITE : 17 anomalies d’une protéine unique en cause

Actualité publiée il y a 5 heures 17 min 36 sec
Nature Communications
La cardiomyopathie hypertrophique, une cause majeure de mort subite d'origine cardiaque, est liée à de multiples variations génétiques, 17 précisément identifiées par cette recherche, d'une protéine clé (Visuel Adobe Stock 1846112296)

La cardiomyopathie hypertrophique, une cause majeure de mort subite d'origine cardiaque, est liée à de multiples variations génétiques, 17 précisément identifiées par cette recherche, d'une protéine clé. Cette découverte d’une équipe de biologistes et de cardiologues de l'University of Birmingham (Royaume-Uni), documentée dans la revue Nature Communications, révèle une vulnérabilité potentiellement traitable.

 

La cardiomyopathie hypertrophique frappe souvent des adultes jeunes et en pleine santé, et ses effets peuvent être dévastateurs. Elle est associée à des morts subites et à des épisodes médicaux majeurs dont des décès d’athlètes en pleine compétition.

 

Ces maladies héréditaires du muscle cardiaque, les cardiomyopathies, résultent de modifications génétiques, des sortes de « fautes d'orthographe » dans l'ADN, qui altèrent des protéines cardiaques essentielles.

Des fautes dans une protéine nommée alpha-actinine-2, ou ACTN2,

avaient déjà été identifiées, sans que l'on comprenne comment elles pouvaient mener à l'arrêt cardiaque. Cependant, toute la difficulté est de déterminer si une modification génétique donnée est bien responsable de la maladie, ce qui complique l'interprétation des tests génétiques pour les patients et leurs familles. Le Dr Katja Gehmlich, professeur de cardiologie moléculaire à l'University of Birmingham, rappelle que la cardiomyopathie hypertrophique peut toucher des personnes par ailleurs en bonne santé.

 

L'étude analyse 17 anomalies de la protéine ACTN2 à l'aide d'un éventail de méthodes expérimentales et regarde comment chacune de ces variations affecte la protéine, ainsi que l'influence de leur localisation au sein d'ACTN2. L'analyse révèle que :

  • ces 17 anomalies d'ACTN2 sont liées à la cardiomyopathie hypertrophique ;

  • elles affectent la protéine de différentes manières ;
  • certaines rendent la protéine moins stable, plus encline à s'agréger, ou moins apte à interagir avec d'autres molécules ;
  • les effets de ces variations varient selon leur localisation dans la protéine ;
  • une région critique, le domaine de liaison à l'actine (ABD), essentielle aux grands processus cellulaires, constitue un « point chaud » majeur de ces altérations.

 

Cette cartographie des effets selon la localisation ouvre une voie concrète et plusieurs des approches expérimentales utilisées dans l’étude sont reproductibles dans d'autres laboratoires.

Quelles implications ? Ce cadre pourrait améliorer l'interprétation des résultats des tests génétiques pour les cardiomyopathies associées à ACTN2 et, à terme, soutenir le développement de nouveaux traitements de la cardiomyopathie hypertrophique et d'autres maladies cardiaques.

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