MUSCULATION : 90 minutes par semaine pour repousser la mortalité
90 à 120 minutes hebdomadaires de musculation sont associées à une réduction de 13 % du risque de mortalité toutes causes, de 19 % pour les décès cardiovasculaires et de 27 % pour les décès neurologiques, sans bénéfice supplémentaire au-delà de ce seuil, révèle cette étude prospective de 30 ans publiée dans le British Journal of Sports Medicine. Les effets sont amplifiés par l'ajout d'exercice aérobie, la combinaison des 2 atteignant une réduction de 53 à 58 % du risque de mortalité aux niveaux les plus élevés d'activité.
Les bénéfices de l’exercice et notamment de l'exercice aérobie sur la réduction du risque de mortalité sont bien établis, mais le rôle spécifique de la musculation, seule ou combinée à l'aérobie, reste toujours à préciser.
Cette nouvelle recherche basée sur un suivi de 30 ans de 3 grandes cohortes américaines, est l'une des plus larges jamais conduites sur le sujet, ce qui a permis d'analyser les relations dose-réponse entre musculation et mortalité toutes causes et par cause spécifique.
« Nos résultats sur les différentes relations dose-réponse entre musculation à long terme et mortalité toutes causes et par cause spécifique suggèrent que des quantités différentes de musculation peuvent être nécessaires pour optimiser les bénéfices. Le modèle observé selon lequel l'ajout de musculation réduit davantage le risque de mortalité à tous les niveaux d'activité aérobie soutient les recommandations actuelles encourageant les 2 types d'activité pour optimiser les bénéfices en termes de mortalité ».
L'étude, menée auprès de 147.374 participants, 31.540 hommes et 115.834 femmes, issus de la Health Professionals Follow-up Study (1992-2022), la Nurses' Health Study (2002-2021) et la Nurses' Health Study II (2003-2021), âgés en moyenne de 54 ans à l'inclusion, a pris en compte les données sur la musculation et l'exercice aérobie toutes les 2 ans pendant jusqu'à 30 ans. Au cours du suivi, 35.798 participants sont décédés. L'analyse révèle que :
- 90 à 119 minutes par semaine de musculation sont associées à une réduction de 13 % du risque de mortalité toutes causes,
-
sans bénéfice supplémentaire au-delà de 120 minutes par semaine ;
- ce même seuil est associé à une réduction de 19 % du risque de décès cardiovasculaires et de 27 % du risque de décès neurologiques ;
- une réduction du risque de cancer n'est observée qu'aux niveaux les plus faibles : 21 % pour 1 à 29 minutes par semaine et 18 % pour 30 à 59 minutes par semaine ;
- la musculation seule, 1 à 59 minutes par semaine et 60 à 119 minutes par semaine, est associée à une réduction de 7 à 11 % du risque de mortalité vs les participants sans musculation et pratiquant moins de 7,5 MET-heures par semaine d'aérobie ;
- l'activité aérobie seule à tout niveau supérieur à 7,5 MET-heures par semaine est associée à une réduction de 26 à 43 % du risque de mortalité ;
- enfin, la combinaison des niveaux les plus élevés d'aérobie et de musculation atteint les réductions les plus importantes : 45 % pour 30 à 44 MET-heures par semaine d'aérobie combinés à 60 à 119 minutes de musculation, et 53 à 58 % pour 45 MET-heures ou plus d'aérobie, quel que soit le niveau de musculation.
Quelles implications ? Ces résultats affinent les recommandations pratiques en matière d'exercice physique : la musculation offre des bénéfices spécifiques sur la mortalité cardiovasculaire et neurologique non entièrement couverts par l'aérobie seule, avec un plateau d'efficacité à 90-120 minutes par semaine.
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