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NÉVROSISME : Un facteur majeur de troubles de l’humeur ?

Actualité publiée il y a 10 mois 3 semaines 5 jours
PNAS
Le névrosisme ou la propension à ressentir des émotions négatives est-il un trait de personnalité « stable » ou bien également associé à des troubles de l’humeur ?  (Visuel Fotolia 62262091)

Le névrosisme ou la propension à ressentir des émotions négatives est-il un trait de personnalité « stable » ou bien également associé aux troubles de l’humeur ? Cette équipe de psychologues de l'Université de Leipzig propose une nouvelle approche pour apprécier le lien entre le névrosisme, les expériences émotionnelles et les sautes humeur. Ces travaux, publiés dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine concluent que les personnes névrosées sont en effet et en moyenne, plus susceptibles de souffrir de sautes d'humeur, dans la vie quotidienne.

 

Le névrosisme est un trait de personnalité. Les traits de personnalité sont relativement stables et cohérents au fil du temps. Ils sont le résultat à la fois de nos expériences et de nos comportements, y de notre cognition (ou façon de penser) et de notre affect (ce que nous ressentons). Le niveau de névrosisme varie selon les individus, « ce n’est pas blanc ou noir », précisent les auteurs, mais plutôt un continuum avec de nombreuses nuances de gris.

 

 

Des émotions négatives plus fortes et plus fréquentes : de précédentes études ont suggéré que les personnes névrosées ressentent des émotions négatives plus fortes et plus fréquemment dans la vie quotidienne. Les personnes ayant des scores élevés de névrosisme ressentent ainsi non seulement plus fortement les émotions négatives, mais aussi plus souvent que les personnes ayant des scores moyens ou inférieurs à la moyenne. Ils sont plus souvent autocritiques, réagissent plus fortement aux critiques externes et sont plus susceptibles d'éprouver le sentiment de « ne pas être à la hauteur ». De précédentes études ont également montré que les scores de névrosisme sont les plus élevés à la fin de l'adolescence, puis diminuent et se stabilisent à l'âge adulte. De plus, les femmes et les personnes ayant un statut socio-économique plus défavorisé présentent, en moyenne, des scores de névrosisme plus élevés.

 

Comment la personnalité influence-t-elle les émotions ? Depuis les années 1990, les psychologues se sont intéressés à préciser comment la personnalité peut influencer nos expériences émotionnelles. Plusieurs études ont évalué les personnalités de participants et observé des expériences émotionnelles au fil du temps. Ces études ont confirmé un lien clair entre le névrosisme et l'expérience d'émotions négatives. Cette expérience exacerbée des émotions négatives a été expliquée par une réaction disproportionnée aux stimuli déclenchants : chez les personnes névrotiques une divergence d'opinion mineure peut provoquer une grande colère ; la simple pensée d’un petit désagrément à venir peut entraîner un stress et une inquiétude intenses.

Cependant il n’est pas clair que les personnes névrosées éprouvent une plus grande variabilité émotionnelle et donc des sautes d'humeur.

L’étude : l’auteur principal, Nina Mader de l'Institut de psychologie Wilhelm Wundt de l'Université de Leipzig et son équipe ont donc développé une nouvelle approche de modélisation des données qu’elles appliquent ici à 13 ensembles de données longitudinales. L’étude menée auprès d’un total de 2.518 participants interrogés sur leurs émotions soutient que :

 

  • les personnes névrosées passent par des états émotionnels qui « sortent des limites habituelles » ;
  • qu’il existe bien chez ces participants, une association associations entre le névrosisme et à la fois la moyenne et la variabilité des émotions ;
  • que le névrosisme est donc bien un facteur de troubles de l’humeur.
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