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OBÉSITÉ et CANCER du SEIN : Vers un traitement mieux personnalisé

Actualité publiée il y a 1 mois 1 semaine 5 jours
Scientific Reports
Un marqueur spécifique présent chez les patientes en surpoids et obèses, pourrait entraver leur réponse au traitement (Visuel University of Southampton).

Ces scientifiques de l’Université de Southampton viennent de découvrir un marqueur spécifique, des structures en forme de couronne (Visuel), entourant les tumeurs du sein chez les patientes en surpoids et obèses. Et ce marqueur pourrait entraver leur réponse au traitement. Cette découverte documentée dans les Scientific Reports, si confirmée, va permettre la mise en œuvre de thérapies plus personnalisées du cancer du sein HER2 positif.

 

On sait que l’obésité est un facteur de cancer du sein, entre autres cancers : le tissu adipeux, ou graisse corporelle, est un composant important du sein humain en bonne santé, cependant un indice de masse corporelle (IMC) élevé est également associé à un risque accru de développer ce cancer. Les patientes en surpoids ont également des taux de survie inférieurs à ceux des patientes ayant un poids de santé.

Des couronnes de macrophages formant un micro-environnement inflammatoire

Chez les patientes avec IMC élevé, l'augmentation de la graisse corporelle entourant le sein peut provoquer l'accumulation de cellules immunitaires inflammatoires, appelées macrophages, dans le tissu adipeux du sein. Ces macrophages forment alors des « structures en couronne » qui entourent ces masses graisseuses. Cela favorise un environnement inflammatoire dans le sein qui peut déclencher l'apparition et la croissance de tumeurs.

 

Comment ces « couronnes » affectent la progression du cancer du sein : l'équipe de recherche, dirigée par les Prs Stephen Beers, Ramsey Cutress et le Dr Charles Birts, a évalué des biopsies de patientes atteintes d'un cancer du sein HER2+ . L’objectif était de mieux comprendre le lien entre un IMC élevé et la formation de ces structures en forme de couronne, ainsi que l'effet de ces couronnes sur la réponse au traitement.

 

L’étude révèle que :

 

  • les patientes en surpoids ou obèses présentent significativement plus de ces structures en forme de couronne dans le tissu adipeux entourant la tumeur, et que la présence de ces couronnes est associée à un développement plus rapide des métastases ;
  • un biomarqueur moléculaire nommé CD32B et présent à la surface des macrophages dans ces structures en forme de couronne est trouvé à des niveaux plus élevés chez les patientes en surpoids et obèses : la présence de ce biomarqueur semble associée à une réponse plus faible au traitement par trastuzumab ;
  • Pris ensemble, ces résultats suggèrent l’intérêt de développer un traitement personnalisé pour les patientes souffrant d’obésité et atteintes d'un cancer du sein HER2 positif.

 

« Les médecins sauraient que les patientes à IMC élevé et présentant ce marqueur en forme de couronne sont plus susceptibles d'avoir une mauvaise réponse au traitement par le trastuzumab. Elles pourraient donc bénéficier d'une thérapie anti-HER2 plus intensive, et plus tôt dans l'évolution de la maladie. A contrario, l’étude confirme l'efficacité du traitement par le trastuzumab chez les patientes exemptes de ce marqueur et qui pourraient bénéficier alors d'une dose plus faible de traitement anti-HER2".

 

Trouver le moyen de modifier le comportement de ces structures en forme de couronne, pour améliorer les réponses au traitement du cancer du sein, c’est le prochain objectif de recherche que s'est fixé l’équipe de recherche britannique.

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