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OBÉSITÉ et GROSSESSE : Pratiquer l’exercice peut conjurer ses « dangers »

Actualité publiée il y a 1 semaine 3 jours 2 heures
PLoS Biology
De nombreuses recherches ont alerté sur les conséquences de l’obésité maternelle, lors de la conception et de la grossesse, sur la santé des enfants à naître (Visuel Adobe Stock 141052034)

De nombreuses recherches ont alerté sur les conséquences de l’obésité maternelle, lors de la conception et de la grossesse, sur la santé des enfants à naître. Faire de l'exercice pendant la grossesse permet de normaliser les comportements alimentaires chez la progéniture, démontre cette équipe de biologistes de l’Institute of Metabolic Science, Université de Cambridge. La démonstration, apportée dans la revue PLoS Biology, à ce stade chez la souris, identifie la corrélation entre l’IMC maternel, l’exercice et les niveaux de microARN dans l'hypothalamus de la progéniture, impliqués dans les comportements alimentaires.

 

De précédentes recherches menées chez l’Homme, et sur des modèles animaux, ont suggéré que la santé métabolique de la progéniture peut être influencée par le surpoids ou l’obésité de la mère. Ainsi, l’obésité et la grossesse constituent une interaction à risque. Cette relation a été analysée comme le résultat de l’interaction complexe entre la génétique et l'environnement ou modifications épigénétiques. Des preuves plus récentes soutiennent que l'obésité maternelle peut perturber l'hypothalamus, la région du cerveau responsable de la détection de la nutrition et de l'homéostasie énergétique :

 

ainsi, chez des modèles animaux, la progéniture exposée in utero à la surnutrition mange davantage. Il reste néanmoins à éclaircir les mécanismes moléculaires qui conduisent de la mère à ces changements chez l’enfant, de comportement alimentaire.

L’exercice conjure ce lien entre obésité maternelle et trouble alimentaire chez l’enfant

Précisément, ces travaux révèlent une première voie moléculaire : l'obésité maternelle impacte les comportements alimentaires de la progéniture via une surexpression à long terme d’un microARN bien précis, miR-505-5p. L’étude constate que :

 

  • les souris nées de mères obèses présentent des taux plus élevés de microARN miR-505-5p dans leur hypothalamus, dès le stade fœtal et jusqu'à l'âge adulte ;
  • les souris nées de mères obèses mangent davantage et montrent une préférence pour les aliments riches en graisses ;
  • l’effet de l’obésité maternelle sur les niveaux de miR-505-5p et les comportements alimentaires de la progéniture est atténué si les mères pratiquent l’exercice pendant la grossesse.
  • l'expression de miR-505-5p peut être induite sur des cultures de neurones hypothalamiques, en les exposant à des acides gras à longue chaîne et à l'insuline, 2 types de nutriments riches ;
  • miR-505-5p est analysé comme un nouveau régulateur des voies impliquées dans l'absorption et le métabolisme des acides gras : en clair, cela signifie que des niveaux élevés de ce miARN rendent le cerveau de la progéniture incapable de détecter la consommation d'aliments riches en graisses ;
  • plusieurs des gènes régulés par miR-505-5p sont enfin associés à un indice de masse corporelle (IMC) élevé.

 

La recherche livre ainsi l’un des premiers mécanismes moléculaires en jeu dans la relation entre l'exposition nutritionnelle in utero et le comportement alimentaire plus tard dans la vie.

 

En pratique, l’étude rappelle les dangers pour la progéniture, du surpoids et de l’obésité maternelle, décrypte l’un des mécanises en cause et sensibilise à la pratique de l’exercice durant la grossesse.

Cette simple mesure de mode de vie permet d’atténuer voire d’éliminer l’effet de l’obésité maternelle sur les niveaux de miR-505-5p et les troubles du comportement alimentaire ou du métabolisme, de la progéniture.


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