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OBÉSITÉ : Un impact largement sous-estimé sur le risque de cancer

Actualité publiée il y a 2 jours 6 heures 30 min
Cancer Communications
Le surpoids et l'obésité pourraient être à l'origine de bien plus de cancers qu'on ne le pensait (Visuel Adobe Stock 221990325)

Le surpoids et l'obésité pourraient être à l'origine de bien plus de cancers qu'on ne le pensait :

plus de 10 % des cas, soit près du double des estimations antérieures.

C'est ce que révèle cette étude d’une équipe d'épidémiologiste du German Cancer Research Center (DKFZ) (Heidelberg, Allemagne), dans une analyse menée sur la UK Biobank. Précisément, cette analyse, publiée dans la revue Cancer Communications, conclut que la proportion de cancers attribuables à l'excès de poids atteint 11,5 %, une fois les biais méthodologiques corrigés.

 

Le surpoids, et plus encore l'obésité, comptent parmi les facteurs de risque de cancer reconnus. Les précédentes recherches leur attribuaient environ 2 à 8 % de l'ensemble des cas. Mais ces chercheurs qui suspectaient une sous-estimation, parviennent en effet, une fois les biais méthodologiques corrigés, à un taux bien plus important.

Quels biais ? La plupart des études reposent sur le seul indice de masse corporelle (IMC), calculé à partir du poids et de la taille, qui ne distingue ni la graisse du muscle, ni la localisation des dépôts adipeux. Or la graisse abdominale, métaboliquement très active, est étroitement liée aux processus inflammatoires favorisant le cancer.

 

Ensuite, de nombreuses tumeurs provoquent une perte de poids involontaire des années avant leur diagnostic. Les patients paraissent alors plus minces au moment du diagnostic, ce qui affaiblit artificiellement le lien statistique entre obésité et cancer.

L’auteur principal, le Dr Hermann Brenner, épidémiologiste au German Cancer Research Center souligne l'urgence de corriger ces données : « Alors que la prévalence de l'obésité continue d'augmenter dans la plupart des pays et que la population vieillit simultanément, le nombre de cancers causés par l'obésité devrait continuer de croître significativement à l'avenir ».

 

L'étude, menée auprès de 458.543 participants, femmes et hommes, de la UK Biobank, explore et précise les liens entre surpoids et cancer. Les participants ont été suivis pendant une durée médiane de près de 12 ans, période durant laquelle plus de 50.000 nouveaux cas de cancer sont survenus. Au-delà du seul IMC, les chercheurs ont comparé le tour de taille et le rapport tour de taille/tour de hanches comme mesures de la répartition des graisses. Pour corriger le biais de perte de poids pré-diagnostic, ils ont progressivement exclu les premières années suivant l'inclusion. Cette analyse corrigée révèle que :

  • le tour de taille et le rapport tour de taille/tour de hanches se révèlent nettement plus informatifs que l'IMC sur le risque de cancer ;

  • l'exclusion des premières années de suivi rend l'association bien plus nette ;
  • la proportion de cancers attribuables à l'excès de poids passe d'environ 5,5 % à 11,5 % ;
  • plus d'un cas sur 10 pourrait ainsi être lié à un excès de masse grasse ;
  • les femmes apparaissent davantage concernées que les hommes ;
  • la masse grasse jouerait aussi un rôle plus important chez les adultes de moins de 60 ans.

 

Quelle explication ? Une part significative des cancers diagnostiqués dans les premières années de suivi était probablement déjà présente au début de l'étude et avait déjà entraîné une perte de poids chez les participants touchés. En neutralisant ce biais, l'association réelle entre excès de poids et cancer se révèle bien plus forte.

 

Quelles implications ? Ces résultats soulignent l'urgence d'agir résolument contre la progression mondiale de l'obésité. Des stratégies efficaces de prévention et de traitement pourraient contribuer bien davantage à la prévention du cancer qu'on ne le supposait jusqu'ici.

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