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OBÉSITÉ: Un weekend de junk food suffit à bouleverser le microbiote

Actualité publiée il y a 4 années 3 semaines 4 jours
Molecular Nutrition and Food Research

Notre microbiote intestinal « souffre » tout autant du laisser alimentaire du weekend que s’il était soumis de manière quotidienne à une mauvaise alimentation (junk food) explique cette étude de l’University of New South Wales (UNSW). L’effet yoyo, un effet bien documenté des régimes de perte de poids improvisés, s’applique aussi à notre santé intestinale, selon ces conclusions, obtenues sur l’animal et présentées dans la revue Molecular Nutrition and Food Research.

Cette « agression » du microbiote avec le régime alimentaire du weekend serait donc de nature à perturber le métabolisme et la fonction immunitaire, voire favoriser le développement de troubles gastro-intestinaux tels que les maladies inflammatoires de l'intestin (MICI) et l'obésité, explique le Pr Margaret Morris, pharmacologue à l'UNSW et auteur principal de l'étude.


L'étude qui a évalué l'impact des régimes yo-yo sur le microbiote intestinal de rats, a cherché à comparer les effets d'une exposition continue ou intermittente à une mauvaise alimentation sur la composition de la flore intestinale. Les chercheurs ont évalué l'abondance et la diversité des communautés microbiennes du microbiote chez des rats soumis, durant 16 semaines, en continu ou de manière intermittente (durant 4 jours) à un régime de type « malbouffe » riche en graisses saturés et en sucres. Les chercheurs ont pris en compte toute une gamme de marqueurs métaboliques dont le poids, la masse grasse, l'insuline et la leptine.

À 16 semaines, les rats soumis à un régime intermittent présentent :

· un poids corporel > de 18% vs régime alimentaire sain,

· des niveaux de leptine et d'insuline intermédiaires vs régime malbouffe continu et régime sain.

· la composition de leur microbiote apparaît quasiment identique à celle des rats nourris avec régime « malbouffe » en continu, mais considérablement appauvrie vs régime sain.

· l'abondance des espèces microbiennes capables de métaboliser les flavonoïdes, qui contribuent au maintien voire à la perte de poids et exercent des fonctions neuro-protectrices, est considérablement réduite.

· Enfin, ces rats soumis à une variation importante du régime alimentaire montrent également d'importantes variations dans l'apport alimentaire, avec globalement une augmentation moyenne de l'apport énergétique global de 30% vs régime alimentaire.

Ø Ces rats « remis » à une alimentation saine, ne consomment plus que 50% de l'apport alimentaire consommé par les rats maintenus à un régime sain, suggérant ainsi un effet yoyo dans la prise alimentaire.

3 jours suffisent à casser la diversité bénéfique de la flore microbienne de l'intestin : L'expérience montre ainsi qu'une exposition intermittente à la malbouffe, de seulement 3 jours par semaine est largement suffisante pour faire basculer le microbiote intestinal vers un modèle identique à celui d'un régime continu à base de junk food. Persévérer vers une meilleure compréhension des effets des aliments riches et des régimes amaigrissants sur le microbiote intestinal est donc primordial. Un microbiote intestinal qui, au fil des études, se confirme comme une cible essentielle pour prévenir et traiter les troubles métaboliques.

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