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ONCOLOGIE : "L’infirmière pivot" pour la continuité des soins

Actualité publiée il y a 1 année 4 mois 1 semaine
ESMO
 L'infirmière pivot en oncologie, un poste dédié à la continuité des soins

C’est une meilleure qualité de vie et une plus grande satisfaction des patients atteints de cancer qui deviennent possibles avec l’intervention d’infirmière coordonnatrice en oncologie. Cet avantage considérable pour le patient, tout au long de son parcours de soins, est documenté par cette étude, présentée à l'European Lung Cancer Congress 2018 à Genève. Au Québec cet investissement a pris la forme d'un poste dédié au sein de l'équipe médicale : l'infirmière pivot en oncologie.

 

Un exemple dont on peut s’inspirer : L’"ONP" pour Pivot Nurse in Oncology est la garante de la continuité des soins pour les patients atteints de cancer, ici de cancer du poumon. Cette étude en apporte les preuves et décrit les différentes façons dont ce professionnel de santé permet d’améliore la qualité de vie des patients tout au long du traitement.

 

Initié en services d'oncologie dès 2001, le poste d'infirmière pivot a été officialisé, comme une véritable spécialité, par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec en 2005 dans le cadre de sa campagne nationale de Lutte contre le cancer. Le Dr Elie Kassouf, hématologue et oncologue médical au Centre Hospitalier de Lanaudière (Canada) explique qu’en débit de cette histoire de 15 années d'existence en pratique clinique, très peu de données permettent d’évaluer l’impact de ces personnels clés sur la vie des patients. L’équipe a donc regardé comment cette fonction axée sur la mise en œuvre et la garantie d’une certaine continuité des soins infirmiers présentait des avantages tangibles pour les patients traités pour le cancer du poumon.

 

L’exemple du cancer du poumon : ce cancer est la première cause de décès liés au cancer chez les hommes et les femmes. Il est au cœur de cette étude, en particulier parce que si l'augmentation des taux de guérison et de survie est au rendez-vous, si de grands progrès ont été réalisés sur les traitements, la contrepartie est leur toxicité plus élevée. Des équipes multidisciplinaires sont nécessaires pour administrer ces polythérapies et les plans de soins sont plus complexes. La qualité de vie pendant le traitement s'est détériorée et les établissements de santé sont de plus en plus confrontés au mécontentements et aux inconforts des patients liés aux retards, à la fragmentation des services et des intervenants ou même à la désinformation. Tous ces éléments sont autant de facteurs de confusion, de détresse et de compliance pour les patients.

 

L’infirmière pivot, quelle position, quelles responsabilités ? Le rôle principal de l’infirmière pivot est d’assurer la continuité des soins pour les patients en oncologie. Chaque infirmière pivot est e charge, à ce titre, de 50 à 60 patients, et a d’ailleurs leurs numéros de téléphone personnels. L’infirmière pivot dispose également des dossiers patients et prend en charge les rendez-vous de suivi avec leur médecin dès qu'ils reçoivent de nouveaux résultats d’analyse. Si un patient appelle pour signaler des symptômes inquiétants, l'infirmière fait le lien avec le médecin, organise si besoin une consultation en urgence, sans que le patient ait besoin de passer par les formalités habituelles nécessaires au niveau de l’établissement.

 

L’infirmière pivot, quelle efficacité ? Pour évaluer l'efficacité de ce dispositif, l’équipe a recruté 65 patients atteints d'un cancer du poumon avancé, 3 mois après le début du traitement. Les patients ont été répartis en deux cohortes : 82% ont été affectés groupe de soins continus, les 12 autres patients, qui n'ont pas eu accès à l’infirmière pivot durant leur traitement constituaient le groupe témoin ou « soins habituels ». Les patients des deux groupes ont renseigné par questionnaires, leur satisfaction sur les soins, les niveaux de qualité de vie, de compréhension de leur état de santé, l’utilité de l’infirmière pivot…4 dimensions de la relation patient-médecin ont également été évaluées : les compétences interpersonnelles, l'empathie, l'échange d'informations et la disponibilité. L’analyse montre une « différence de score énorme entre les 2 groupes ».

 

Ainsi, le groupe « soins continus » avec intervention de l’infirmière pivot, fait beaucoup mieux sur l’ensemble des scores,

  • de qualité de vie,
  • de bien-être physique, émotionnel et fonctionnel,
  • de satisfaction à l'égard des soins,
  • de compréhension de l'évolution de la maladie et des effets secondaires du traitement,
  • de force dans la lutte du patient contre le cancer.

La seule inquiétude qui transparaît avec l’intervention de l’infirmière pivot est sans doute celle concernant l'intimité et la sécurité des données.

 

Cette étude montre ainsi une continuité des soins améliorée avec la présence d’une infirmière pivot dans l'équipe médicale et, avec cette continuité des soins, une qualité de vie améliorée. Un rôle qui trouve toute sa mesure en oncologie, étant donnée la complexité croissante des traitements du cancer et des nombreuses ruptures associées dans le processus de soins. Mais on peut imaginer que la fonction puisse également trouver un intérêt dans la prise en charge d’autres pathologies, comme le diabète et ses complications, par exemple, ou tout parcours de soins où l’observance du patient est déterminante.

Bref, avec l’émergence des maladies chroniques, les infirmières pivots pourraient faire une réelle différence.

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