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PALUDISME: Changer notre saveur pour dégoûter le moustique

Actualité publiée il y a 2 années 7 mois 2 semaines
Nature Communications

Comprendre pourquoi le moustique choisit de piquer l’Homme plutôt qu’un animal va permettre de pouvoir le détourner de sa proie et de mieux protéger les humains de nombreuses maladies vectorielles. Cette étude de la John Hopkins qui identifie une zone du cerveau de moustique qui mêle le goût et l'odeur suggère que les moustiques ne sont pas seulement attirés par notre odorat, mais aussi par notre goût. Ces conclusions, présentées dans la revue Nature Communications, désignent ainsi une nouvelle cible, chez le moustique, à inhiber.

L'objectif de mieux comprendre pourquoi le moustique s'attaque à l'Homme, est poursuivi par de nombreuses équipes de recherche : rappelons cette analyse génomique de l'Université de Californie – Davis, présentée dans PLoS genetics, qui a permis d'identifier une composante génétique qui contribue au choix de l'hôte du moustique. Cette nouvelle étude de la Johns Hopkins suggère qu'une zone spécialisée du cerveau du moustique mixe les goûts et les odeurs pour créer des saveurs uniques et privilégiées par l'insecte. L'idée serait donc de créer une saveur humaine répulsive contre les femelles moustiques Anopheles gambiae porteuses du paludisme, pour éviter à 214 millions de personnes -principalement concentrées en Afrique- d'être piquées, ce qui pourrait sauver 450.000 vies par an dans le monde : « Tous les moustiques utilisent leur odorat pour trouver l'hôte de leur repas de sang. L'objectif est d'identifier l'odeur ou la saveur la plus répugnante pour les empêcher de nous piquer », résume l'auteur principal, le Dr Christopher Potter, professeur de neurosciences à l'Université Johns Hopkins. Chaque moustique possède 3 paires de « nez » pour mieux détecter les odeurs (Visuel ci-contre) : 2 antennes 2 palpes maxillaires et 2 labelles. Les palpes maxillaires sont des appendices qui dépassent de la région inférieure de la tête du moustique, sont plus ou moins parallèles à sa trompe, longues, et qui protègent l'aiguillon d'alimentation. Les labelles se situent à la pointe de la trompe et comprennent à la fois des neurones gustatifs et olfactifs. Les chercheurs ont donc cherché à quelles zones du cerveau étaient connectés ces neurones gustatifs et olfactifs.


Les moustiques apprécient notre goût autant que notre odeur : par optogénétique appliquée aux protéines appelées récepteurs olfactifs (ORs), les chercheurs sont parvenus à cibler spécifiquement les neurones sensoriels chez les moustiques. La technique leur a donc permis d'identifier et de visualiser les neurones « en train de » détecter l'odeur. Et ces neurones mènent à des zones symétriques du cerveau appelée lobes antennaires, comme ils le font chez les mouches. Mais la découverte est que les neurones des labelles mènent aussi à la « zone subesophageale » associée au sens du goût. Une observation qui suggère que les moustiques apprécient non seulement notre odeur, mais également notre goût.

Un moyen de plus pour repousser les moustiques : Les antennes et palpes maxillaires sont adaptées à capter des signaux à longue portée, tandis que les labelles entrent en contact direct avec la peau. Ainsi, les moustiques les utilisent pour sonder ou goûter la peau de leur victime. Les chercheurs soupçonnent que l'objectif alors du moustique est de rechercher des signaux sensoriels qui pourraient traduire un accès facile à un vaisseau sanguin. L'idée est donc de créer une saveur, répulsive, qui cible les neurones antennaires pour empêcher le moustique de trop s'approcher, et les neurones « labellaires » pour le dégoûter.


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