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PAPILLOMAVIRUS (HPV) : Vacciner, ou pas et comment ?

Actualité publiée il y a 1 semaine 3 jours 22 heures
Cochrane Review
Les cancers liés au papillomavirus humain représentent environ 4,5% des cancers dans le monde.

Les cancers liés au papillomavirus humain représentent environ 4,5% des cancers dans le monde.

Cette nouvelle revue de la littérature menée par les experts du Gynaecological, Neuro‐oncology and Orphan Cancer Group, nous apporte une réponse actualisée à la question simple que se posent encore beaucoup de parents, voire de médecins : faut-il vacciner les adolescents contre le papillomavirus humain (HPV) ? Quels sont les effets indésirables possibles et documentés dans la littérature ? Cette revue évalue donc les différents vaccins mais également les différents schémas de de vaccination contre le VPH chez les adolescent(e)s.

 

Ces experts apportent en effet des informations supplémentaires et précieuses sur les avantages et les risques associés aux différents vaccins mais rappellent aussi l’incidence élevée de l’infection à HPV et ses conséquences : c’est l'infection virale la plus fréquente de l'appareil reproducteur chez les femmes et les hommes dans le monde (source : OMS 2017) et la plupart des personnes ayant des rapports sexuels seront exposées au HPV à un moment au cours de leur vie. Cependant, chez la plupart d’entre elles, le système immunitaire suffira à repousser le risque d’infection.

Jusqu'à 90% des hommes et des femmes vaccinés contre le HPV présentent des effets indésirables mineurs et locaux

Si l’infection se développe : chez d’autres en revanche, lorsque l’infection à HPV se développe en dépit de la réponse immunitaire, certaines souches « à haut risque » vont entraîner le développement d'un cancer. Ces souches de HPV à haut risque sont responsables de presque tous les cancers du col de l'utérus et de l'anus, ainsi que de certains cancers du vagin, de la vulve, du pénis, et de la tête et du cou. D’autres souches de « HPV » à plus « faible risque » provoquent des verrues génitales mais pas de cancer.

Dans le cas où il y a développement du cancer lié à infection à HPV, ce développement est progressif, sur de nombreuses années, au travers plusieurs stades précancéreux, appelés néoplasies intra-épithéliales. Dans le col de l'utérus, ces modifications sont appelées néoplasies intraépithéliales cervicales. Les modifications néoplasies de haut grade sont corrélées à un risque de 33% de cancer du col de l’utérus, ce qui signifie aussi que de nombreuses lésions régressent et ne se développent pas en cancer.

 

 

La vaccination vise à prévenir une future infection à HPV et donc les cancers liés à une infection à HPV à haut risque. Les vaccins anti-HPV ciblent principalement les adolescent(e)s et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de vacciner les filles âgées de 9 à 14 ans via un schéma vaccinal à 2 doses (0 à 6 mois). Un schéma à 3 doses est recommandé aux filles plus âgées de 15 ans environ ou aux personnes infectées par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ou par d'autres causes d'immunodéficience.

 

3 vaccins anti-HPV :

  • un vaccin bivalent (Cervarix®), dirigé contre les génotypes 16 et 18, les 2 types les plus courants de HPV à haut risque ;
  • un vaccin quadrivalent (Gardasil®), dirigé contre les génotypes 6, 11, 16 et 18 ;
  • un vaccin nonavalent ciblant donc 9 génotypes (6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58)

Chez les femmes, il a été démontré que les vaccins bivalent et quadrivalent sont protecteurs contre les cancers précancéreux du col de l’utérus causés par les génotypes contenus dans le vaccin, s'ils sont administrés avant l’infection par le HPV.

 

Cette méta-analyse de 20 essais contrôlés randomisés portant au total sur 31.940 participants répartis dans le monde, conclut à :

  • la production d'anticorps anti-HPV par le système immunitaire de la personne vaccinée : la réponse en anticorps anti-HPV prédit une protection contre les maladies liées au HPV dont les cancers. (c’est un facteur prédicteur essentiel alors qu’il faut de nombreuses années pour qu'un pré-cancer se développe après infection par le HPV).
  • 2 doses semblent suffire : 4 études ont comparé un schéma vaccinal à 2 doses vs 3 doses chez 2.317 adolescentes : les réponses en anticorps sont similaires après les 2 schémas ;
  • Préférer un intervalle plus long entre les 2 premières doses : 3 études ont comparé des calendriers différents entre les 2 premières doses de vaccin chez 2.349 filles et garçons : Les réponses en anticorps sont plus élevées lorsque l'intervalle entre les deux premières doses de vaccin est plus long.
  • 1 étude menée auprès d'hommes âgés de 16 à 26 ans montre que le vaccin quadrivalent réduit l'incidence des lésions génitales externes et des verrues génitales (vs pas de vaccination) ;
  • 1 étude menée auprès de femmes âgées de 16 à 26 ans montre que les vaccins quadrivalent et nonavalent apportent le même niveau de protection contre les lésions précancéreuses cervicales, vaginales et vulvaires ;
  • 7 études menées auprès d’adolescents vivant avec le VIH confirment l’intérêt de la vaccination anti-HPV (en termes de réponse en anticorps anti-HPV) avec les vaccins bivalent ou quadrivalent (vs vaccin placebo). Ces réponses immunitaires anti-HPV semblent perdurer jusqu'à 2 ans. Les chercheurs précisent néanmoins que les preuves d’efficacité et les effets nocifs des vaccins anti-HPV chez les personnes séropositives restent très limitées ;
  • jusqu'à 90% des hommes et des femmes qui sont vaccinés contre le HPV présentent des effets indésirables mineurs et locaux tels que rougeur, enflure et douleur au site d'injection ;
  • cependant, de faibles taux d'événements indésirables sévères sont observés chez certains participants vaccinés avec le vaccin quadrivalent, les chercheurs concluent ne pas pouvoir déterminer précisément l'innocuité relative aux différents schémas de vaccination.

 

Cette analyse appelle donc à plus d'études à long terme en population pour préciser les données sur les effets spécifiques aux schémas vaccinaux (nombre de doses er intervalles) ainsi que chez les garçons. Cependant, elle apporte déjà de nouvelles indications précieuses sur les différents vaccins disponibles et le type d’effets indésirables constatés.

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