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POLYKYSTOSE RÉNALE : Contrôler sa maladie par le régime alimentaire ?

Actualité publiée il y a 4 mois 1 semaine 1 jour
Cell Reports Medicine
Le régime cétogène est efficace pour contrôler la polykystose rénale (Visuel Adobe Stock 562635972)

Ce nouvel essai clinique, mené par une équipe de l’Université de Californie (UC) - Santa Barbara confirme que le régime cétogène est efficace pour contrôler la polykystose rénale. Les conclusions, présentées dans les Cell Reports Medicine, peuvent aider de nombreux patients, à restaurer par le seul régime alimentaire,  leur qualité de vie et retarder la nécessité d'une dialyse et d'une transplantation rénale.

 

La polykystose rénale (PKD) affecte des millions de personnes dans le monde, altérant la fonction des organes et nécessitant souvent une dialyse dans les derniers stades. La maladie est caractérisée par des kystes douloureux et remplis de liquide dans les reins. De précédentes études ont suggéré que le régime cétogène pouvait, en toute sécurité, contribuer à contrôler la maladie.

 

Ce nouvel essai clinique confirme ce résultat et montre que la cétose n’est pas favorable au développement des kystes caractéristiques de la maladie. « Nous avons maintenant la première preuve chez l'Homme que les kystes n'aiment vraiment pas être en cétose et que cet état les empêche de se développer », précise l’auteur principal, Thomas Weimbs, biologiste à l'UC Santa Barbara, qui réfute le dogme d'une maladie génétique qui va immanquablement progresser vers une insuffisance rénale.

Le régime alimentaire peut faire la différence

L’étude poursuit en effet cet objectif. Mené auprès de 66 patients atteints de PKD, répartis au hasard en 3 groupes :

 

  1. un groupe témoin ayant reçu des conseils standards sur la PKD,
  2. un groupe ayant suivi un programme de jeûne de 3 jours/mois ;
  3. un 3è groupe ayant observé un régime cétogène faible en glucides et riche en graisses.

Les participants ont été suivis via des analyses de sang et des IRM. La fonction rénale a été évaluée par la concentration d’une protéine appelée cystatine C, des concentrations supérieures de cette protéine dans le sang indiquant un système de filtration défaillant. À la fin de la période d’étude de 3 mois, l’équipe observe que :

 

  • le groupe témoin a connu la croissance des reins attendue ;
  • en revanche, la taille des reins des participants du groupe « régime cétogène » s’est stabilisée voire a légèrement diminué, mais sans que cette réduction, lorsqu’elle s’est produite, soit statistiquement significative ;
  • une amélioration mesurable et statistiquement significative de la fonction rénale chez les patients sous régime cétogène est observée.

En d’autres termes, l’adhésion, sur 3 mois, à un régime cétogène permet un meilleur contrôle de la maladie et une amélioration notable de la fonction rénale. Un résultat inattendu, alors que la PKD est généralement considérée comme une maladie évolutive avec le temps.

 

Le régime cétogène est bien accepté par les participants dont l’observance s’est révélée élevée tout au long du suivi, sans doute en raison de leur motivation à pouvoir parvenir à contrôler leur maladie via des choix alimentaires uniquement. « Les médecins supposent souvent que leurs patients ne peuvent de toute façon pas suivre un tel régime, alors ils n’essaient même pas de le prescrire. Dans la pratique, les patients atteints de PKD sont très motivés à faire des efforts pour contrer leur maladie ».

 

 Un régime céto, mais pas n’importe lequel : Il n’existe en effet pas de régime cétogène unique. Pour tirer le meilleur parti de ce régime, les patients atteints de PKD devraient consulter leur médecin ou un nutritionniste qui saura les orienter. L’équipe prône plutôt un régime cétogène plus axé sur les plantes et a développé un régime de ce type, nommé Ren.Nu spécifiquement pour les patients atteints de PKD.

 

Ces résultats représentent une avancée dans la gestion de la PKD et d’autres maladies rénales. Une avancée permise au départ par une recherche préclinique qui avait montré une diminution des kystes rénaux chez des souris modèles soumises à une restriction calorique. Ce premier essai clinique affine ces résultats chez l’Homme.

 

D'autres essais cliniques sont programmés dès l'année prochaine, avec davantage de participants. Pour les patients atteints de PKD, ces découvertes représentent déjà l’espoir de pouvoir mieux contrôler leur maladie par le seul régime alimentaire.

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