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PSORIASIS : Pourquoi le sexe-ratio est inversé dans le pso

Actualité publiée il y a 3 années 4 mois 3 semaines
American Journal of Clinical Dermatology

Le psoriasis est une maladie cutanée courante qui touche environ 3% de la population. Le fait que les hommes consomment beaucoup plus de traitements du psoriasis que les femmes, suggère que cette affection cutanée auto-immune affecte de manière disproportionnée les hommes. On a spéculé également que les femmes seraient atteintes de formes moins sévères. Cette étude de l’Université d'Umeå qui précise les degrés de sévérité sur l’ensemble des sites du corps, pour les hommes et les femmes, vient confirmer ces données, à une exception près.

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Le psoriasis est une affection cutanée auto-immune associée à un risque dose-dépendant de morbidité cardiovasculaire et métabolique. Alors que la plupart des maladies auto-immunes, comme le lupus érythémateux systémique, la sclérose en plaques (SEP) et la polyarthrite rhumatoïde (PR), sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes, le sexe-ratio est inversé pour le psoriasis. Cette analyse des données de 5.438 patients atteints de psoriasis confirme une incidence plus faible du psoriasis sévère chez les femmes : « Nos résultats confirment les différences constatées entre les sexes dans le recours aux différents soins et traitements du psoriasis. La prévalence de formes plus sévères est confirmée chez les hommes », explique Marcus Schmitt-Egenolf, chercheur à l'Université d'Umeå et auteur principal de l'étude. L'équipe a analysé les données du registre suédois des traitements du psoriasis, le PsoReg, dont les données de sévérité pour tous les patients mesurés évaluées avec le Psoriasis Area Severity Index (PASI) en 10 points. Cette analyse constate que :


-l'utilisation de médicaments antipsoriatiques spécifiques est la suivante : pour le calcipotriol (Daivonex®, Daivobet®) 43,3% des prescriptions reviennent aux femmes, idem (39,6%) pour les prescriptions d'ustekinumab (Sterala®) ;

-les femmes ont un score moyen de 5,4 vs 7,3 pour les hommes ;

-ces degrés de sévérité plus élevés chez les hommes valent quel que soit l'âge et dans toutes les zones du corps sauf la tête, seul site où la sévérité de l'affection est similaire pour les 2 sexes ;

Les auteurs recommandent ainsi une prise en charge « sexospécifique » du psoriasis sévère et de ses comorbidités, comme les maladies cardiovasculaires et métaboliques, mais sans pouvoir réellement expliquer cette différence de sévérité selon le sexe.

Cependant, ils apportent plusieurs commentaires sur ces résultats :

-le score PASI inférieur chez les femmes est cohérent et n'est pas lié au hasard. En particulier après prise en compte de facteurs de confusion (âge, IMC, durée de la maladie, tabagisme et saison), ce résultat persiste.

-Si concernant la tête, les scores PASI des femmes et des hommes sont identiques, c'est probablement une conséquence des différences dans la croissance et le soin des cheveux : les femmes protégent plus leur cuir chevelu et se privent ainsi des effets bénéfiques de la lumière solaire sur le psoriasis au point de retrouver un niveau de risque similaire à celui des hommes.

-Le score PASI, à l'inscription au registre PsoReg, montre que les femmes ont une activité de la maladie nettement inférieure par rapport aux hommes, et quel que soit leur âge et leur statut "de fécondité".

-Enfin, en moyenne, les hommes atteints ont un IMC plus élevé que les femmes,

-alors que plus de femmes atteintes fument, ont des niveaux élevés de stress, et souffrent d'une maladie articulaire.

L'étude précise ainsi les différences dans la gravité du psoriasis selon le sexe, avec un niveau élevé de détail. En précisant les facteurs de risque majeurs chez les hommes et chez les femmes, l'étude apporte tout de même un début de réponse à la question de la sévérité : les femmes seraient donc plus sensibles aux effets du tabagisme et du stress mais mieux susceptibles de faire face à cet effet du surpoids. Bref, « travailler » sur ces différents facteurs peut aussi aider les hommes et les femmes à réduire la sévérité de leur pso. Un premier pas donc vers une prévention et une prise en charge mieux personnalisées.

24 March 2017 DOI: 10.1007/s40257-017-0274-0 Severity of psoriasis differs between men and women - a study of the clinical outcome measure Psoriasis Area and Severity Index (PASI) in 5438 Swedish register patients (Visuel “Marcus Schmitt-Egenolf, chercheur à l'Université d'Umeå et auteur principal de l'étude”@Mattias Pettersson)

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