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PUBERTÉ PRÉCOCE chez les filles : Le surpoids maternel en question

Actualité publiée il y a 1 année 7 mois 3 semaines
American Journal of Epidemiology
L'obésité (IMC>30 ) et le surpoids maternels (25<IMC<30) sont associés respectivement à un risque accru de 40% et 20% de développement mammaire précoce chez les filles

Cette très large étude du Kaiser Permanente (Californie) portant sur plus de 15.000 filles et leurs mères, a examiné les facteurs métaboliques maternels de la puberté précoce chez les filles. Si le lien génétique avait déjà été identifié entre obésité infantile et puberté précoce, les conclusions de cette nouvelle étude présentée dans l’American Journal of Epidemiology confirment également un lien, épigénétique, avec l’obésité maternelle. Un résultat important alors que la puberté précoce augmente le risque de problèmes de santé, dont de syndrome des ovaires polykystiques et de cancer à l'adolescence et à l'âge adulte. Sans compter le risque de troubles émotionnels et comportementaux.

L’étude confirme donc le lien entre précisément, un début de puberté chez les filles entre les âges de 6 à 11 ans et les troubles métaboliques maternels. « Nous savions déjà que le poids maternel peut influencer le poids de l'enfant. Ce que nous avons découvert, c'est que l'environnement in utero peut aussi affecter le développement pubertaire futur de la progéniture ». Un résultat logique, ajoute l’auteur principal, le Dr Ai Kubo, « puisque le cerveau humain se développe in utero et libère des hormones qui affectent la puberté ».

 

De précédentes recherches du Kaiser Permanente ont suggéré le rôle possible de facteurs de risque environnementaux, périnataux et autres sur le développement de la puberté précoce, dont l'apparition précoce du développement mammaire ou des règles. Dès 2010, les pédiatres du Kaiser Permanente ont commencé à documenter systématiquement les stades de Tanner, une échelle standard du développement pubertaire, dans les dossiers de santé électroniques des filles, lors des examens pédiatriques de routine. Ces données permettent aujourd’hui de faire le lien avec certaines données de santé des mères et d'évaluer le rôle de ces facteurs maternels sur le calendrier pubertaire de leurs filles. L’analyse de ces données constate ainsi que :

  • l'obésité maternelle (IMC>30 ) et le surpoids (25<IMC<30) chez les mères sont associés respectivement à un risque accru de 40% et 20% de développement mammaire précoce chez les filles ;
  • une différence de 7 mois dans le début du développement mammaire est constatée chez les filles de mères obèses (vs insuffisance pondérale) ;
  • des associations similaires entre l'obésité maternelle et d’autres critères de puberté sont retrouvées (poils pubiens par ex.) ;
  • ces associations diffèrent selon l'origine ethnique ;
  • une relation significative est également constatée entre l'hyperglycémie maternelle pendant la grossesse et le développement mammaire précoce des filles, mais pas en cas de diabète maternel gestationnel. Ce dernier point pourrait s’expliquer par une surveillance accrue des femmes ayant reçu un diagnostic de diabète gestationnel et une plus grande attention portée par ces femmes au maintien d’un poids raisonnable et à une alimentation équilibrée.

 

 

Bref, ces données sensibilisent à nouveau à l’émergence des pubertés précoces concomitantes à l’épidémie d’obésité. Elles sensibilisent les femmes à respecter un poids de santé dès la conception et à éviter la prise de poids excessive et l'hyperglycémie avant et pendant la grossesse,

non seulement pour leur propre santé, mais aussi pour celle de leurs futurs enfants.

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