RÉTINOPATHIE DIABÉTIQUE : L’hypoglycémie compte aussi
L'hypoglycémie contribue aux lésions oculaires et à la perte de vision dans la rétinopathie diabétique. Cette équipe de pharmacologues de la Johns Hopkins Medicine apporte un nouveau décryptage du processus par lequel se développe la rétinopathie diabétique et documente, dans la revue Science Translational Medicine, un candidat médicament qui pourrait contribuer à traiter cette complication.
La recherche, soutenue par les National Institutes of Health (NIH) révèle en effet comment l’hypoglycémie peut entraîner la rupture de la barrière hémato-rétinienne, une barrière importante qui régule le flux de nutriments, de déchets et d'eau entrant et sortant de la rétine. La rétinopathie diabétique, une complication grave du diabète de type 1 et de type 2, peut donc entraîner des lésions visuelles permanentes en l'absence de traitement.
L’étude décrypte ce mécanisme chez des souris modèles de diabète et apporte ainsi de toutes nouvelles données sur l'origine de la rétinopathie diabétique, notamment chez les patients connaissant des épisodes d'hypoglycémie.
Une protéine spécifique appelée facteur inductible par l'hypoxie (HIF) s'accumule dans certaines cellules de la rétine lors des périodes d'hypoglycémie. La protéine HIF a déjà été impliquée dans la rétinopathie diabétique et d'autres maladies oculaires. Cette protéine peut déclencher une réaction en chaîne, déclenchant une surproduction d'autres protéines, ce qui entraîne une prolifération et une fuite des vaisseaux sanguins dans la rétine.
- HIF joue donc un rôle clé dans la rupture de la barrière hémato-rétinienne lors de l’épisode d’hypoglycémie :
- chez des souris diabétiques, des périodes d'hypoglycémie induites entraînent une augmentation des taux de HIF, suffisamment pour favoriser la rupture de la barrière hémato-rétinienne et provoquer des fuites dans les vaisseaux sanguins rétiniens ;
- en revanche, les souris non diabétiques ne présentent pas ces taux de HIF plus élevés ;
- chez des souris diabétiques, cette rupture dans la rétinopathie diabétique contribue à des lésions irréversibles de la rétine et à une perte de vision.
Un médicament expérimental appelé 32-134D, qui inhibe la protéine HIF, testé chez ces souris diabétiques avant des épisodes d'hypoglycémie induite, permet de maintenir la stabilité des taux de HIF, de bloquer l'expression de protéines favorisant la rupture de la barrière hémato-rétinienne et les fuites dans les vaisseaux sanguins.
« Notre recherche contribue à expliquer pourquoi les patients diabétiques initialement soumis à un contrôle strict de la glycémie ou ceux présentant une forte variabilité glycémique (épisodes transitoires de glycémie très basse, puis très élevée), voient leur maladie oculaire diabétique s'aggraver », explique l’un des auteurs principaux, le Dr Akrit Sodhi, professeur agrégé d'ophtalmologie à l'université Johns Hopkins et au Wilmer Eye Institute. « Nos résultats soulignent
l'efficacité des thérapies ciblant l'HIF pour prévenir ou traiter la rétinopathie diabétique ».
De prochains essais cliniques vont maintenant valider l’efficacité de la thérapie chez les patients atteints de rétinopathie diabétique.
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