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RISQUE CARDIAQUE : Quels bénéfices réels d'une consommation d'alcool modérée

Actualité publiée il y a 2 années 4 mois 4 semaines
Journal of Studies on Alcohol & Drugs

A-t-on simplement cherché à se donner bonne conscience en trouvant des bénéfices à une consommation modérée d’alcool ? Cette très large méta-analyse, présentée dans le Journal of Studies on Alcohol & Drugs conclut à l’encontre qu’il existe finalement peu de preuves dans la littérature scientifique de ce soi-disant bénéfice. Un point proposé par ces chercheurs de l'Université de Victoria (Canada) qui prônent ainsi l’abstinence ou presque et surtout font valoir que c'est l'état de santé qui motive la consommation et pas l'inverse.

Au cours des dernières années, certaines études ont suggéré que les adultes qui boivent de l'alcool modérément ont des taux de maladie cardiaque plus faibles que les non-buveurs. D'où l'idée largement partagée que l'alcool, consommé avec modération, n'est pas mauvais pour la santé et pourrait même favoriser la santé cardiaque. Ainsi, si l'abus d'alcool est bien corrélé à un risque accru de fibrillation auriculaire, de crise cardiaque ou d'insuffisance cardiaque, l'alcool peut être un facteur de risque cardiaque aussi puissant que d'autres facteurs de risque bien établis tels que l'hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme et l'obésité. Mais consommé de manière modérée, il peut avoir un effet protecteur contre l'insuffisance cardiaque et réduire le risque de maladie coronarienne. Une récente étude a confirmé que les buveurs d'alcool, qui respectent les lignes directrices de consommation modérée sont moins susceptibles de subir un premier événement cardiovasculaire.


Cette méta-analyse de 45 études de cohorte est non seulement bien plus prudente mais révèle les failles de cette hypothèse d'un bénéfice cardiaque associé à une consommation d'alcool modérée : en fait, dans toutes ces études, les « non-buveurs » pourraient, en fait, être des anciens buveurs qui ont cessé de boire pour des raisons de santé. Cela pourrait en effet expliquer une partie de la réduction du risque chez les buveurs actuels qui eux n'ont pas encore connu ces problèmes de santé. De plus, on peut aussi penser que les participants en bonne santé peuvent être plus susceptibles de continuer à profiter de ce verre de vin au dîner. On sait en effet que les personnes plus âgées réduisent leur consommation au fur et à mesure qu'ils vieillissent et en particulier s'ils ont des problèmes de santé.

Les buveurs modérés plus tard dans la vie sont par définition en bonne santé, et finalement c'est cette bonne santé qui déterminerait la consommation d'alcool et non le contraire, conclut cette analyse qui constate que, dans l'ensemble, les buveurs modérés « actuels » (jusqu'à 2 verres par jour) ont bien un taux de décès cardiaque inférieur à celui des non-buveurs. Cependant, la méta-analyse montre que ce n'était pas le cas dans les études qui portent sur les habitudes de consommation à des âges relativement jeunes, soit 55 ans ou moins et qui ont suivis leurs participants tard dans la vie, aux âges où l'incidence des maladies cardiaques est au maximum. De même, les études qui ont pris en compte rigoureusement la santé cardiaque des personnes à l'inclusion, n'identifient aucun bénéfice d'une consommation d'alcool modérée.

Tout suggère que les abstinents ont tendance à être en moins bonne santé que les buveurs modérés, mais pas parce qu'ils n'ont jamais bu. Au lieu de cela, leur santé serait bien le facteur de consommation ou d'abstinence. Sans pouvoir le prouver, il y a des indices, concluent les auteurs, qui plaident pour le scepticisme sain autour de ce concept de bénéfice cardiaque avec une consommation modérée.

Une seconde étude va dans le même sens en montrant chez plus de 9.100 participants britanniques âgés de 23 à 55 ans que les habitudes de consommation de ces participants évoluent au fil du temps et que les non (ou anciens)-buveurs, même à 20 ans, ont tendance à être en moins bonne santé physique et mentale. Bref, les concluent sur une note positive : « Les risques d'une faible consommation sont faibles mais l'idée qu'un ou deux verres par jour sont bénéfiques à la santé, aussi ».

May 21, 2017 10.15288/jsad.2017.78.375 Consumption and Mortality From Coronary Heart Disease: An Updated Meta-Analysis of Cohort Studies

May 21, 2017 doi:10.15288/jsad.2017.78.394 Alcohol and cigarette use from ages 23 to 55: Links with health and well-being in the long-term National Child Development Study

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