RISQUE CARDIOVASCULAIRE : Pourquoi il faut caler son exercice sur son chronotype
Adapter son activité ou son exercice physique à son chronotype permet de réduire son risque de maladies cardiovasculaires, conclut cette équipe de. L’analyse, publiée dans la revue Open Heart, conclut que s'aligner sur son chronotype (« matinal » ou « vespéral ») permet non seulement de réduire les facteurs de risque mais aussi, d’améliorer la qualité du sommeil. Au point que les chercheurs des Universités de Lahore et d’Islamabad (Pakistan) et d’Edinbourg, suggèrent, dans la revue Open Heart, de prendre en compte, lorsque c’est possible, le chronotype dans son programme d'exercice.
En pratique, il s’agit de tenir compte, dans sa pratique de l’exercice, de sa prédisposition naturelle à être plutôt lève-tôt ou couche-tard, pour limiter son risque de maladies cardiovasculaires et ses facteurs de risque dont l'hypertension artérielle, la glycémie à jeun et le mauvais cholestérol (LDL).
Si on sait que l'exercice physique réduit les risques de maladies cardiovasculaires, d'AVC et de diabète, cette prédisposition innée du chronotype qui influe sur les cycles veille-sommeil et donc l’horloge biologique, la sécrétion hormonale et la disponibilité énergétique tout au long de la journée, a également un impact sur la performance et l'assiduité à l'exercice, expliquent les auteurs.
L'évaluation individuelle du chronotype participe à la prévention cardiovasculaire.
L’étude regarde si les bienfaits de l'exercice dépendent du moment où il est pratiqué par rapport au chronotype de la personne. L’équipe a évalué le chronotype de 150 participants âgés de 40 à 60 ans à l'aide du questionnaire Morningness-Eveningness et pris leur température corporelle centrale sur 48 heures. Les participants ayant des antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires précoces ont également été inclus. Les participants ont été répartis aléatoirement en 2 groupes :
- l'un pratiquant son activité physique à un moment correspondant à son chronotype ;
- l'autre à un moment ne correspondant pas, soit entre 8 h et 11 h, soit entre 18 h et 21 h.
Tous les participants étaient invités à effectuer 5 séances d'exercice aérobique d'intensité modérée supervisées (marche rapide/sur tapis roulant), d'une durée de 40 minutes chacune, chaque semaine pendant 12 semaines. Enfin, tous les participants présentaient au moins un facteur de risque cardiovasculaire, comme l'hypertension artérielle, le surpoids ou l'obésité, et un mode de vie sédentaire (absence ou faible activité physique structurée au cours des 3 derniers mois).
Au total, 134 participants ont effectué les 60 séances d'exercice : 70 étaient des lève-tôt, dont 34 avaient adapté leur pratique à leur chronotype ; 64 étaient des couche-tard, dont 30 avaient adapté leur pratique à leur chronotype. La pression artérielle, la variabilité de la fréquence cardiaque, la glycémie à jeun, la VO₂ max (consommation maximale d'oxygène à l'effort), le taux de « mauvais » cholestérol (LDL) et la qualité du sommeil ont été mesurés avant le début de l'étude et 3 jours après sa fin. L'analyse constate :
- une réduction des facteurs de risque cardiovasculaire, une amélioration de la capacité aérobie et de la qualité du sommeil dans les 2 groupes après 12 semaines ;
-
l'adaptation de l'exercice au chronotype permet cependant des améliorations plus importantes
- de la pression artérielle, des fonctions autonomes (processus corporels involontaires, dont la fréquence cardiaque), de la capacité aérobie, des marqueurs métaboliques et de la qualité du sommeil qu’une pratique de l’exercice décalée par rapport au chronotype ;
- ces améliorations se révèlent particulièrement marquées au niveau de la qualité du sommeil (augmentation de 3,4 points contre 1,2 point) et de la pression artérielle systolique (la valeur la plus élevée des 2 mesures).
- la baisse de la pression artérielle systolique est plus marquée chez les personnes souffrant déjà d'hypertension : leur pression artérielle systolique a diminué en moyenne de 13,6 mmHg, contre 7,1 mmHg chez celles dont les séances d'exercice n'étaient pas synchronisées avec leur horloge biologique ;
- si des améliorations sont observées pour les 2 chronotypes, les effets sont globalement plus importants chez les personnes matinales que chez les personnes « du soir ».
Ces conclusions qui confirment celles de précédentes recherches, suggèrent que
la synchronisation de l'exercice physique avec l'horloge biologique améliore significativement la santé cardiovasculaire.
« Adapter l’exercice au chronotype permet de synchroniser plus efficacement les horloges biologiques périphériques des muscles squelettiques, du tissu adipeux et du système vasculaire, améliorant ainsi l’efficacité métabolique et réduisant l’inflammation, 2 facteurs essentiels à la santé cardiométabolique ».
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