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ROTAVIRUS : Il peut déclencher le diabète de type 1

Actualité publiée il y a 1 semaine 14 heures 24 min
PLoS Pathogens
La vaccination antirotavirus pourrait contribuer à la prévention du diabète de type 1

Si la vaccination a considérablement réduit la mortalité associée, le rotavirus reste la principale cause de gastro-entérite infantile dans le monde. Dans certains pays cependant -dont le Canada-, l'introduction de la vaccination antirotavirus a entraîné une réduction importante de l'incidence du diabète de type 1 chez les enfants, ce qui suggère que la vaccination antirotavirus pourrait contribuer à la prévention de la maladie auto-immune. Cette étude de l’Université de Melbourne (Australie) montre pour la première fois comment l'infection à rotavirus peut activer le diabète de type 1 et vient confirmer de précédentes recherches, chez l’Homme et chez l’animal, impliquant le rotavirus dans le développement du diabète de type 1 chez les enfants génétiquement prédisposés.

 

Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune polygénique qui entraîne la destruction des cellules bêta sécrétant de l'insuline dans les îlots pancréatiques. Une grande partie du risque est considérée comme liée à des facteurs génétiques.

De nombreuses preuves confirment l’infection à rotavirus comme déclencheur de diabète de type 1

Une hypothèse documentée dans la littérature : Les données d’études précédentes, citées par les chercheurs, confirment en effet que l’infection par le rotavirus induit une pathologie pancréatique. L’équipe cite les preuves de la littérature montrant sur des souris et d'autres espèces que les îlots pancréatiques sont touchés par l’infection au rotavirus. Dans certaines études, l’antigène viral a été détecté dans le pancréas pendant plusieurs jours, période au cours de laquelle il était positivement corrélé à une hyperglycémie. En résumé, une infection unique par le rotavirus entraîne un effet « dramatique » d’apoptose (mort des cellules) dans tout le pancréas, suivie d'une régénération avec lésion résiduelle des îlots.

 

Une hypothèse confirmée par les données épidémiologiques : Les données en population générale suggèrent également que la vaccination antirotavirus est associée à une diminution de l'incidence du diabète de type 1.  Les vaccins antirétroviraux oraux vivants Rotarix et RotaTeq qui ont été introduits dans le programme national australien de vaccination en 2007 ont induit une immunité et réduit l'incidence de la maladie. Cela suggère que si le rotavirus est bien impliqué dans le déclenchement du diabète de type 1 par un effet direct sur le pancréas, « ce qui semble plausible », la vaccination pourrait alors protéger les enfants vaccinés et apporter, indirectement, une immunité collective.

 

Des facteurs environnementaux également convergents : les chercheurs identifient notamment un facteur, le co-sleeping, qui semble avoir, en Australie dans les années 70, favorisé l’infection au rotavirus et entraîné une augmentation concomitante de l’incidence du diabète de type 1. L’abandon de ce comportement qui modifie le moment d'exposition au virus, aurait également retardé le développement du diabète.

 

 

Les auto-anticorps dans les îlots sériques semblent bien associés à une infection par le rotavirus : cette étude au niveau moléculaire vient confirmer l’hypothèse d’un lien entre l’infection au rotavirus et le diabète de type 1 : elle révèle en effet une association directe entre l'infection à rotavirus et les autoanticorps anti-îlots sériques. L’étude menée auprès de 360 enfants à risque génétique de diabète de type 1 et suivis depuis la naissance révèle une association temporelle entre les autoanticorps anti-îlots et l'infection par le rotavirus. Ainsi, chez 24 des enfants chez lesquels les autoanticorps d'îlots ont été détectés ou dont la concentration s’avère augmentée pour la première fois, les anticorps IgG ou IgA liés au rotavirus sont clairement associés dans le temps aux autoanticorps anti-IA-2, insuline et GAD65 dans 86%, 62% et 50% des cas, respectivement. Les résultats indiquent que l’infection à rotavirus induit une pathologie pancréatique, qui combinée à des facteurs environnementaux, favorise l’augmentation de l’incidence du diabète de type 1.

 

Selon les auteurs, il est donc essentiel d'identifier les enfants, à risque familial élevé, les plus susceptibles d'être protégés par la vaccination antirotavirus. Les chercheurs appellent également à de futures études pour préciser les mécanismes sous-jacents en particulier à décrypter comment le rotavirus infecte le pancréas humain et selon quel mécanisme avant l'apparition de l'auto-immunité des îlots ou du diabète de type 1.

Une nouvelle piste de prévention primaire qui consisterait à vacciner certains enfants contre le rotavirus pour les protéger contre le diabète de type 1 est donc ouverte.

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