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SANTÉ CARDIOMÉTABOLIQUE : Préservée chez seulement 7 % des adultes ?

Actualité publiée il y a 1 mois 1 semaine 5 jours
Journal of the American College of Cardiology
La plupart des adultes ont de mauvais scores dans les 5 composantes de la santé cardiaque et métabolique (Visuel Adobe Stock 233958962)

Seulement 7 % des adultes (américains) sont en bonne santé cardiométabolique, concluent les chercheurs de la Tufts (Boston) qui révèlent, avec cette étude, que la plupart des adultes des pays occidentaux ont de mauvais scores dans les 5 composantes de la santé cardiaque et métabolique. Ces travaux publiés dans le Journal of the American College of Cardiology, mettent également en lumière de fortes disparités selon les groupes sociaux et les communautés.

 

Si ces données concernent la population américaine au sein de laquelle la prévalence de l’obésité est particulièrement élevée, elles alertent sur la nécessité de surveiller, avec nos modes de vie occidentaux et quel que soit le pays, un certain nombre de facteurs et de marqueurs, afin de préserver notre santé cardiométabolique. La santé cardiométabolique à l’échelle de la population devient une préoccupation en santé publique, « une crise sanitaire dévastatrice nécessitant une action urgente » écrit cette équipe de la Friedman School de l'Université Tufts, dans son communiqué.

5 composantes à surveiller

Ces 5 composantes sont les suivantes :

 

  1. La pression artérielle,
  2. la glycémie,
  3. le cholestérol sanguin,
  4. l'adiposité (surpoids et obésité),
  5. la présence ou l'absence de maladies cardiovasculaires (crise cardiaque, accident vasculaire cérébral, etc…

 

L'étude : l’analyse des données de 55.000 personnes âgées de 20 ans ou plus, suivies de 1999 à 2018 par 10 vagues de l'enquête nationale NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey) révèle que, sur la période 2017-2018 :

seulement 6,8% des adultes présentent des niveaux normaux ou optimaux pour ces 5 composantes

Les tendances sur ces 20 dernières années (précisément entre 1999 et 2018) comprennent :

 

  • une forte aggravation de la prévalence de l'adiposité et de la glycémie : en 1999, 1 adulte sur 3 était exempt de surpoids et d'obésité. En 2018, ce n’est plus qu’1 sur 4 en 2018. De même, alors que 3 adultes sur 5 étaient exempts de diabète ou de prédiabète en 1999, c’est le cas de moins de 4 adultes sur 10 en 2018 ;
  • de fortes disparités en fonction du niveau d’études et des communautés.

 

Des données frappantes et préoccupantes : « dans l’un des pays les plus riches du monde, moins d'un adulte sur 15 a une bonne santé cardiométabolique », résume l’un des auteurs principaux, Meghan O'Hearn, chercheur à la Friedman School. L’auteur appelle à une refonte complète des systèmes de santé, des environnements de vie et des recommandations sanitaires.

 

  • Les niveaux de santé « intermédiaires », ni optimaux, ni pathologiques progressent : il s’agit de conditions comme le pré-diabète, une tension artérielle élevée et le surpoids.

« Une grande partie de la population se situe à un seuil cardiométabolique critique ».

Il est donc encore temps de détecter ces personnes en soins primaires et de mettre en œuvre une prise en charge précoce avec, notamment, des changements de mode de vie. Car, au-delà des conséquences de ces conditions sur la qualité de vie d’une grande partie de la population, l’impact est préoccupant, sur les dépenses de santé et plus largement sur l'ensemble de l'économie. Alors que ces conditions sont en grande partie évitables.

 

Les chercheurs travaillent aujourd’hui sur les interventions possibles pour contrer cette dégradation cardiométabolique en population générale : sur l’alimentation notamment avec un meilleur accès aux produits sains et frais.

 

« C’est une crise sanitaire qui dure depuis un certain temps. Aujourd’hui il y a un impératif sanitaire, économique, social et éthique qui exige d’accorder à ce problème beaucoup plus d'attention qu'il n'en a jusque-là reçu ».

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