SANTÉ MENTALE : Hausse dramatique des consultations chez les jeunes
Cette étude, menée à l’Université d'Édimbourg, apporte de nouvelles preuves de la forte augmentation -ici au Pays de Galle- du recours des jeunes aux services de santé mentale. Au Royaume-Uni, 1 jeune sur 5 a désormais accès à des soins spécialisés en santé mentale avant l'âge de 18 ans, soit une multiplication par 4 en moins de 20 ans. Ce bilan, publié dans le British Journal of Psychiatry révèle que l’augmentation est continue depuis 2010.
Les auteurs précisent que les données du Pays de Galles constituent un indicateur fiable pour l'ensemble du Royaume-Uni et marquent une tendance générale pour les pays riches. Ces données constituent à l’évidence une alerte pour les systèmes de santé qui doivent renforcer les services de soins et de soutien en santé mentale, de manière à répondre aux besoins croissants des jeunes d'aujourd'hui. Enfin, les implications sont également considérables pour les décisions thérapeutiques, fondées sur des données datant de plusieurs décennies et issues d’échantillons peu représentatifs de ces groupes plus jeunes.
Les taux de troubles mentaux chez les jeunes sont en hausse dans le monde entier.
L’étude a suivi les enfants nés au Pays de Galles entre 1991 et 2005 et analysé leurs données issues des dossiers de santé administratifs anonymisés de la base de données SAIL (Secure Anonymised Information Linkage), afin de déterminer la proportion ayant eu recours à des soins spécialisés en santé mentale, avant leur 18e anniversaire. L’analyse constate que :
- alors que 6 % des jeunes ont consulté, en 2009, soit il y a une quinzaine d'années, un service de santé mentale pour enfants et adolescents,
- depuis 2005, cette proportion dépasse les 20 % soit une augmentation plus que significative ;
-
c’est donc 1 jeune sur 5 qui consulte aujourd’hui en santé mentale,
- vs 1 sur 17, il y a 15 ans.
- les adolescents sont beaucoup plus susceptibles que les jeunes enfants de consulter en service de santé mentale ;
- actuellement, c’est aussi presque 2 fois plus de jeunes filles qui consultent, que de garçons.
Ces résultats soulignent l'urgence de mener davantage de recherches sur les facteurs à l'origine de cette demande croissante et d'évaluer l'efficacité réelle des interventions proposées dans ces services de santé mentale destinés aux jeunes.
L’auteur principal, le Dr Ian Kelleher, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université d'Édimbourg, conclut : « Notre bilan dresse un tableau inédit de la forte augmentation de la demande de services de santé mentale pour enfants et adolescents.
Le nombre de patients fréquentant ces services a connu une hausse spectaculaire,
mais les recherches menées jusqu'à présent pour en comprendre les raisons sont bien trop limitées. Contrairement à ce que l'on entend souvent,
il ne s'agit pas d'un problème post-pandémique ;
cette tendance s'accentue de façon constante depuis plus de 10 ans ».
Les auteurs relèvent que contrairement aux services d'oncologie ou de cardiologie, l'évaluation des soins n’est pas suffisamment systématique et les cliniciens manquent de données probantes pour fonder leurs décisions thérapeutiques.
Autres actualités sur le même thème
VIEILLISSEMENT : Ces neurones qui prennent particulièrement de l’âge
Actualité publiée il y a 1 année 4 moisCERVEAU : Comment il compense avec l'âge
Actualité publiée il y a 8 années 11 moisCes changements de signalisation cérébrale dans des zones spécifiques du cerveau au cours de la vie pourraient expliquer la baisse de plasticité cérébrale avec...PRÉCARITÉ de l’emploi : Un facteur dramatique de mortalité prématurée
Actualité publiée il y a 2 années 7 moisOBÉSITÉ : C'est la sensibilité du cerveau à l'insuline qui détermine l'adiposité
Actualité publiée il y a 6 années 2 semaines


