SCHIZOPHRÉNIE et TROUBLES BIPOLAIRES : De petits ARN pour de grandes pistes thérapeutiques
De petits ARN, autres que les micro ou mi-ARN offrent de nouvelles pistes pour comprendre la schizophrénie et les troubles bipolaires, révèlent ces neuroscientifiques de l’Université Thomas Jefferson (Philadephie). Des travaux, publiés dans la revue Translational Psychiatry qui aboutissent à la découverte d'acteurs jusque-là méconnus de la régulation génique, susceptibles de façonner le cerveau, en santé comme en maladie.
Pendant des décennies, les scientifiques étudiant les troubles cérébraux se sont concentrés presque exclusivement sur les protéines et les gènes qui les codent. Cette nouvelle recherche suggère que plusieurs classes de petites molécules régulatrices, appelées petits ARN, pourraient jouer un rôle bien plus important dans la schizophrénie et les troubles bipolaires, ainsi que dans le fonctionnement normal du cerveau.
L’un des auteurs principaux, le Dr Rigoutsos, précise : « On s'était peu intéressé aux petits ARN dans ces troubles ; alors même qu'ils contribuent à réguler de nombreux processus en modulant l'expression des gènes. Seuls les microARN avaient été étudiés mais de façon superficielle. Nous étions passés à côté d'événements régulateurs importants ».
De petits ARN au rôle clé dans la régulation génique
L’étude analyse en détail les petits ARN dans des échantillons de cerveau de personnes atteintes de schizophrénie, de troubles bipolaires et de personnes sans maladie psychiatrique. Leur objectif était de déterminer quels types de petits ARN sont actifs dans le cerveau et si leurs niveaux varient en cas de maladie. A l’aide du séquençage à haut débit et d’outils informatiques spécialisés, les chercheurs sont parvenus à analyser simultanément plusieurs classes de petits ARN. Cette analyse constate que :
- les microARN représentent un peu plus de la moitié de tous les petits ARN présents dans le cerveau ;
- les autres types d’ARN semblent réguler des processus essentiels dans la schizophrénie et les troubles bipolaires, ainsi que dans la santé cérébrale ;
- les profils d'ARN de petite taille présentent des différences notables selon la santé cérébrale, chez les participants plus jeunes ;
- ces différences disparaissent chez les patients plus âgés ;
- enfin, ces différences dans les populations d'ARN de petite taille apparaissent très tôt dans la vie des patients.
Des résultats pour « neurocientifiques », mais qui soulignent l'importance croissante d'une science collaborative et fondée sur les données, pour mieux comprendre les maladies complexes, comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires.
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