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SCHIZOPHRÉNIE : Un dysfonctionnement des synapses ?

Actualité publiée il y a 10 mois 1 semaine 5 jours
Nature Communications
La schizophrénie liée à un dysfonctionnement des synapses ?

Cette étude d’imagerie du Medical Research Council (MRC) London Institute of Medical Sciences apporte pour la première fois, des preuves d'une réduction des connexions cérébrales dans la schizophrénie. Alors que la densité des terminaisons synaptiques semble ici évoluer au cours du développement de la maladie, ces premières données, présentées dans la revue Nature Communications, marquent une étape vers un meilleur diagnostic de la maladie et de sa sévérité, et désignent une nouvelle cible  thérapeutique : une protéine trouvée dans les synapses déjà documentée comme un bon marqueur de la densité des connexions synaptiques dans le cerveau.

 

La schizophrénie liée à un dysfonctionnement des synapses ? Cette hypothèse émise dans les années 90 n’avait jamais été démontrée. Ici, les chercheurs tentent de vérifier cette hypothèse pour la première fois in vivo dans le cerveau, en utilisant un traceur qui émet un signal qui peut être capté par un scanner cérébral. Après avoir été injecté, le traceur se lie spécifiquement à la protéine SV2A trouvée dans les synapses. C’est donc grâce aux progrès de la numérisation, que ces scientifiques peuvent ici associer la maladie à des niveaux inférieurs de protéine SV2A (glycoprotéine synaptique des vésicules 2A), dans les connexions neuronales de patients schizophrènes.

Les participants en bonne santé ont, en moyenne des niveaux plus élevés (en jaune-rouge sur visuel) de protéine « de synapse » SV2A que les patients atteints  (à gauche).

La perte de synapses à l'origine ou conséquence du développement de la schizophrénie ?

 

Une déficience en protéine « de synapse » : L’équipe a comparé les scintigraphies cérébrales de 18 participants en bonne santé (visuel de droite) et de 18 participants atteints de schizophrénie (visuel de gauche). Les chercheurs constatent ainsi que les participants en bonne santé ont, en moyenne des niveaux plus élevés (en jaune-rouge sur visuel) de protéine « de synapse » SV2A que les patients atteints (à gauche). Les chercheurs suggèrent que ces différences pourraient sous-tendre et contribuer à expliquer les troubles cognitifs observés dans la schizophrénie et constituer une nouvelle cible pour la recherche de nouveaux traitements.

 

Pouvoir désormais traiter aussi les symptômes cognitifs : les observations montrent des niveaux plus faibles de SV2A en particulier dans les zones avant du cerveau (des zones principalement impliquées dans la planification) chez ces patients atteints de schizophrénie. Le professeur Oliver Howes, auteur principal de l'étude rappelle, alors que les traitements actuels contre la schizophrénie ne ciblent que les symptômes psychotiques, le besoin de prendre aussi en charge les troubles cognitifs débilitants. Et cette perte synaptique constatée à l’imagerie semble bien sous-tendre ces symptômes.

Ces niveaux inférieurs de protéine synaptique peuvent donc constituer un nouveau marqueur diagnostique de la maladie et de sa progression et protéine SV2A la cible de nouveaux traitements pour restaurer la fonction synaptique.

 

« Disposer de scans capables de caractériser la distribution d'environ 100 billions de synapses dans le cerveau vivant et d’identifier des différences dans leur distribution entre différents sujets avec ou exempts de schizophrénie, représente une avancée significative dans notre capacité à étudier la maladie ».

D’autant que l’imagerie permet « accessoirement » ici de confirmer que les traitements antipsychotiques n’ont aucun effet sur les niveaux de protéine SV2A et donc sur la structure et la fonction synaptiques.

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