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SOIGNANTS : Comment mieux récupérer et rester vigilant

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 1 semaine
AASM
Si ces conseils, quoiqu’avisés, ne suffiront probablement pas à réduire la prévalence de l’épuisement chez les personnels de santé, ils sensibilisent au respect de protocoles qui vont permettre de minimiser le risque d’erreurs médicales liées à la fatigue (Visuel Adobe Stock 359561996).

L’American Academy of Sleep Medicine (AASM) propose aux professionnels de santé, épuisés par les tensions liées à la pression sanitaire du COVID-19, de nouvelles ressources, sous forme de fiches synthétiques, pour les aider à retrouver un sommeil plus réparateur et à mieux gérer la fatigue. Si ces conseils, quoiqu’avisés, ne suffiront probablement pas à réduire la prévalence de l’épuisement chez les personnels de santé, en amont d’une possible vague à venir, ils sensibilisent au respect de protocoles permettant de minimiser le risque d’erreurs médicales liées à la fatigue.  

 

De récentes études, citées par les auteurs révèlent que la pandémie de COVID-19 a exacerbé les troubles du sommeil et l'épuisement professionnel déjà chronique chez un grand nombre de professionnels de la santé. Une étude sur les professionnels de soins primaires aux États-Unis confirme ainsi que plus de 95 % des répondants signalent un mauvais sommeil, un tiers des insomnies et plus de la moitié un épuisement professionnel.

 

Une autre étude estime que le taux de prévalence de l'insomnie aiguë chez les personnels de santé est passé de 44,5 % avant la pandémie COVID-19 à 64 % au cours des premiers mois de la pandémie.

« La pratique des soins de santé ne permet pas de respecter les périodes et durées de sommeil nécessaires et la pandémie a encore aggravé ce problème ».

« Les professionnels de santé qui sont sur le front sont confrontés à de nombreux facteurs de stress qui ont un impact lourd à la fois sur la quantité et sur la qualité de sommeil », rappelle l’auteur principal, le Dr Shannon Sullivan, présidente du comité de sécurité de l'AASM et professeur de médecine du sommeil à la Stanford University.

 

L’AASM a donc développé des fiches de conseils ou suggestions clés pour optimiser des habitudes de sommeil saines chez les professionnels de santé, telles que la planification d’horaires qui donnent la priorité au sommeil, l’abstinence de consommation d’alcool et de caféine excessive, la pratique de techniques de relaxation avant le coucher pour se déconnecter du stress de la journée. La « mise en réserve » de sommeil supplémentaire durant, notamment, les jours de congé, ou la pratique de la sieste à des moments stratégiques font également partie de ses suggestions de récupération.

 

« Suivre ces conseils ne permettra pas de compenser complètement les effets de la perte de sommeil ou du stress, mais c'est une base de départ pour les professionnels épuisés. Le sommeil est essentiel à la fois à la qualité de vie des professionnels de santé mais aussi à la qualité des soins prodigués". Pourtant le sommeil, bien connu pour sa contribution à l'épuisement professionnel des médecins et des soignants reste un facteur négligé par les organisations de santé et les établissements.  

 

La gestion de la fatigue, comme celle du sommeil, nécessite une approche à l'échelle du système qui devrait mieux prendre en compte des facteurs clés tels que la durée des quarts de travail, leur planification et la charge de travail. Ainsi, ces conseils peuvent aider à atténuer la fatigue « au travail »- mais sans compenser totalement les effets du manque de sommeil, du dérèglement circadien, du stress ou de la surcharge de travail.

 

  • Certaines études ont ainsi démontré que faire des « provisions » de sommeil le weekend par exemple peut permettre de réduire la perte de vigilance durant les périodes de manque de sommeil qui suivent ;
  • la consommation « intelligente » ou « stratégique » de caféine juste quand on en a besoin, peut également contribuer à mieux gérer la fatigue ; ainsi, il convient de préférer des boissons sans caféine pendant la journée et réserver la caféine aux situations de privation de sommeil ;
  • une petite sieste peut aider, considérablement, avant un quart de nuit ou une durée de travail prolongée ;
  • adopter une lumière vive ou un éclairage puissant, surtout pendant le quart de nuit, permet de réinitialiser, en partie, l'horloge interne du corps et à favoriser la vigilance pendant la période de travail ou de quart ; ainsi, pendant un quart de nuit, passez du temps dans une pièce lumineuse peut aider ;
  • faire une pause de temps à autre, s’engager dans une activité vigoureuse ou s'étirer pendant quelques minutes peut permettre de rompre la somnolence et améliorer la vigilance et les performances. Des activités aérobiques telles que la marche, étirer son cou, peut suffire à retrouver un niveau satisfaisant de vigilance ;
  • les check-lists ont toute leur importance en cas de stress, de fatigue ou de longues durées de travail ; la communication avec les autres soignants de l’équipe aussi ;

 

« "checker" et communiquer permet de limiter le risque d'erreurs ».

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