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SOMMEIL, NARCOLEPSIE, CATAPLEXIE : Comment le cerveau nous « paralyse »

Actualité publiée il y a 6 mois 1 semaine 5 jours
Journal of Neuroscience
Les personnes atteintes de troubles du comportement en sommeil paradoxal, au lieu d'être immobiles pendant la phase du sommeil paradoxal, conservent une activité musculaire et peuvent aller jusqu’à se lever ou crier (Visuel University of Tsukuba).

Comment le cerveau vous paralyse pendant que vous dormez, c’est le processus décrypté par cette équipe de l'Université de Tsukuba (Japon). Ces scientifiques viennent de découvrir, chez la souris, un groupe de neurones dans le tronc cérébral qui supprime les mouvements indésirables pendant le sommeil à mouvements oculaires rapides (REM). Ces travaux, présentés dans le Journal of Neuroscience, peuvent également expliquer certains troubles du sommeil, dont la narcolepsie, la cataplexie et le trouble du comportement en sommeil paradoxal.

 

L’équipe dirigée par le professeur Takeshi Sakurai apporte les premières preuves du lien entre ces neurones dans le cerveau et ces 3 types de troubles, et suggère ainsi de nouvelles cibles  de traitement.

Des neurones spécifiques et des circuits spéciaux qui contrôlent l'atonie musculaire

Le sommeil paradoxal est le stade du rêve ; nos yeux bougent d'avant en arrière, mais nos corps restent immobiles. Cette quasi-paralysie des muscles pendant le rêve ou atonie durant le stade « REM » du sommeil fait défaut chez les personnes atteintes de troubles du comportement en sommeil paradoxal. Au lieu d'être immobiles pendant cette phase du sommeil, ces patients conservent une activité musculaire et peuvent aller jusqu’à se lever ou crier. L’équipe vient donc d’identifier les neurones du cerveau qui régulent normalement ce type de comportement pendant le sommeil paradoxal.

 

Des neurones inhibiteurs de mouvements : ce groupe spécifique de neurones est situé dans une zone du cerveau, appelée zone médullaire médiale ventrale et reçoit des signaux d'une autre zone appelée noyau tegmental sous-térodorsal : « L'anatomie des neurones que nous avons identifiés correspond aux données de précédentes recherches. Ces neurones sont connectés à des neurones impliqués dans les mouvements volontaires, mais pas aux neurones qui contrôlent les muscles des yeux ou des organes internes ».

 

Ces neurones sont « inhibiteurs, ce qui signifie que leur fonction est d’empêcher les mouvements musculaires. D’ailleurs, lorsque les scientifiques bloquent l'entrée de ces neurones, les souris bougent pendant leur sommeil, tout comme le ferait une personne atteinte d'un trouble du comportement en sommeil paradoxal. La narcolepsie caractérisée par un endormissement soudain à tout moment de la journée et la cataplexie, caractérisée par la perte soudaine du tonus musculaire sont 2 conditions au cours desquels les muscles se comportent comme en sommeil paradoxal. Les neurones identifiés ici sont bien liés à ces 2 troubles. En éliminant chez la souris la connexion zone médullaire médiale ventrale et noyau tegmental sous-térodorsal, les scientifiques induisent, toujours chez la souris modèle de catalepsie, une réduction du nombre de crises.

 

En synthèse, ces travaux identifient à la fois des neurones spécifiques et des circuits spéciaux qui contrôlent l'atonie musculaire à la fois en sommeil paradoxal et en cataplexie. Des cibles en puissance pour de nouveaux traitements de la narcolepsie, de la cataplexie ou des troubles du comportement en sommeil paradoxal.

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