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STRESS : La retraite c'est du bien-être mais à condition d'avoir eu un bon job

Actualité publiée il y a 2 années 7 mois 13 heures
Journal of Gerontology

Oui, la retraite est bien associée à un stress plus faible, mais seulement si l’on a occupé un emploi supérieur, rappelle cette étude britannique présentée dans le Journal of Gerontology. Car sinon, la retraite entraîne l’effet inverse : elle accroît les inégalités socio-économiques, en particulier en matière de stress et de santé.

Des conclusions logiques, alors que les personnes ayant de faibles revenus ou ayant occupé des postes peu élevés connaissent souvent plus de problèmes de santé et une réponse plus aiguë au stress biologique. Cet élargissement, au moment de la retraite, des inégalités de santé est dépeint ici, pour les pays riches, comme un reflet de l'accumulation de désavantages socio-économiques au cours de la vie. La retraite cependant pourrait jouer le rôle inverse, soulignent les auteurs, c'est-à-dire modérer ce modèle d'élargissement des inégalités de santé et de niveaux de stress biologique en fonction des niveaux socioéconomiques. Un niveau de stress plus élevé associé à un poste de statut inférieur pourrait en effet être atténué par la retraite.


L'étude, menée par une équipe de l'Université de Manchester a cherché à déterminer si les actifs qui avaient récemment pris leur retraite présentaient des niveaux de stress biologique revus à la baisse, à partir de l'analyse de leurs niveaux de cortisol, l'hormone du stress. Le cortisol suit un profil diurne, avec une hausse environ 30 minutes après le réveil et un retour à des niveaux très faibles au coucher. Les facteurs de stress vont perturber cette évolution diurne du cortisol. Un cortisol diurne élevé et stable sur toute la durée de la journée est considéré comme un biomarqueur clé de niveaux de stress plus élevés et de risque cardiovasculaire. Ici, les chercheurs ont analysé les données de cortisol, analysées 5 fois au cours de la journée, de 1.143 fonctionnaires londoniens ayant participé à l'étude Whitehall II, récemment retraités. L'analyse constate que :

-la retraite est bien associée à des niveaux de stress plus faibles,

-cependant cet avantage de la retraite ne se limite qu'aux participants ayant occupé des emplois de haut niveau.

-Les retraités d'emplois moins stables ou à faible rémunération présentent des modèles d'évolution du cortisol caractéristiques de niveaux toujours élevés de stress biologique.

Bref, les différences dans les niveaux de stress augmentent plutôt que diminuent en fonction des différences socio-économiques, autour de la période de retraite. Ces différences biologiques pour les différents groupes socio-professionnels peuvent expliquer, au moins en partie l'élargissement des inégalités sociales en matière de santé au début de la vieillesse. « Il peut sembler surprenant que l'arrêt d'un travail peu valorisant et stressant ne réduise pas les niveaux biologiques de stress. Mais cela est évidemment lié au fait que ces personnes se trouvent, à la retraite, confrontée à des problèmes financiers et à d'autres pressions sociales. Bref, le message s'adresse aux professionnels de santé : les niveaux de stress des patients ne sont pas seulement déterminés par des circonstances immédiates, mais par des facteurs à long terme tout au long de la vie.

Retirement and socio-economic differences in diurnal cortisol: Longitudinal evidence from a cohort of British civil servants

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