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SUCRE : 6 cuillères par jour, pourquoi c'est la limite à ne pas dépasser

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 1 semaine
The BMJ
Ces données appellent à réduire la consommation de sucres libres ou de sucres ajoutés  (Visuel Adobe Stock 80986332)

Limiter le sucre ajouté à 6 cuillères à café par jour pourrait changer la vie en améliorant considérablement la santé, exhortent ces experts chinois de la Sichuan University qui mènent ici un large examen des preuves disponibles dans la littérature, des liens nocifs entre la consommation excessive de sucre et 45 résultats de santé, dont notamment le diabète, la dépression, l'obésité et les maladies cardiaques. Ces données présentées dans le British Medical Journal, ajoutées aux recommandations de l'OMS appellent à réduire la consommation de sucres libres ou de sucres ajoutés

 

On sait que le sucre peut raisonnablement faire partie d’un régime varié et équilibré mais qu'une consommation excessive de sucre peut avoir des effets négatifs sur la santé : l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a suggéré de réduire la consommation de sucres libres ou ajoutés à moins de 10 % de l'apport énergétique quotidien total.

 

Limiter les boissons sucrées à moins d’1 boisson par semaine, fait également partie des consignes, sachant qu’on estime qu’en moyenne et chez les consommateurs réguliers, les boissons sucrées représentent jusqu’à 50 % des apports en sucres.

 

Cette revue identifie les preuves de nombreuses associations nocives significatives, à différents niveaux.

Quelles preuves existantes sur la limitation souhaitable des apports en sucres ?

L’étude, une revue globale de la littérature a pris en compte la qualité des preuves, les biais possibles et la validité de toutes les études disponibles sur la consommation de sucre alimentaire et les résultats de santé. Il s’agit précisément d’une « revue parapluie » qui synthétise les méta-analyses précédentes et apporte ainsi une synthèse actualisée de la recherche sur le sujet. La revue a inclus 73 méta-analyses portant elles-mêmes sur 8.601 articles couvrant 83 résultats de santé chez les adultes et les enfants. La qualité méthodologique des études a été vérifiée et celle des preuves pour chaque résultat de santé, cotée comme étant de qualité élevée, modérée, faible ou très faible. L’analyse finale conclut que :

 

  • des associations nocives significatives sont retrouvées entre la consommation de sucre alimentaire et 18 résultats endocriniens ou métaboliques, dont le diabète, la goutte et l'obésité ;
  • 10 résultats cardiovasculaires, y compris l'hypertension artérielle (HTA), les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ;
  • 7 associations significatives avec les cancers, dont le cancer du sein, de la prostate et du pancréas ;
  • 10 autres associations, dont avec l'asthme, la carie dentaire, la dépression et le décès prématuré ;
  • des preuves de qualité modérée suggèrent une association avec  la prise de poids corporel pour la consommation la plus élevée par rapport à la consommation la plus faible ;
  • la consommation de sucre ajouté vs aucune consommation de sucre ajouté s’avère associée à une augmentation de l'accumulation de graisse dans le foie et dans les muscles ;
  • des preuves de plus faible qualité révèlent que chaque augmentation d'1 portion par semaine de consommation de boissons sucrées est associée à un risque de goutte accru de 4 %, chaque augmentation de 250 ml/jour de boissons sucrées étant associée à un risque accru de 17 % et 4 % de maladie coronarienne et de décès, respectivement ;
  • des preuves de faible qualité suggèrent également que chaque augmentation de 25 g/jour de l'apport de fructose est associée à un risque accru de 22 % de cancer du pancréas.
  • aucune preuve fiable ne suggère d'associations bénéfiques entre la consommation de sucre alimentaire et des résultats de santé, à l'exception du risque de tumeur cérébrale de type gliome, du cholestérol total, du diabète de type 2 et de la mortalité par maladie cardiovasculaire. Cependant, selon les auteurs, ces associations favorables ne sont pas étayées par des preuves solides et ces résultats doivent être interprétés avec prudence.

 

Il n’en reste pas moins que d’autres recherches devront être menées, les preuves existantes étant principalement observationnelles et de faible qualité, précisent les chercheurs, qui ajoutent que les preuves d'une association entre la consommation de sucre alimentaire et le cancer restent limitées.

 

Néanmoins, cette nouvelle « méga-analyse », combinée aux recommandations de l'OMS et d’autres grandes organisations sanitaires appelle à réduire la consommation de sucres libres ou de sucres ajoutés à moins de 25 g/jour (environ six cuillères à café par jour) et de limiter la consommation de boissons sucrées à moins d'une portion par semaine (environ 200 à 355 ml/semaine).

 

Il convient donc de mettre en œuvre une combinaison d'éducation et de politiques de santé publique dans le monde de toute urgence, concluent ces experts.


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