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Syndrome de FATIGUE CHRONIQUE : Signé par des perturbations du microbiome ?

Actualité publiée il y a 1 année 5 mois 2 jours
Cell Host & Microbe
L'étude aboutit à une signature du syndrome de fatigue chronique, constituée de perturbations du microbiome (Visuel Adobe Stock 313527752)

Ce n’est pas la première étude à invoquer l’implication du microbiome intestinal dans le développement du syndrome de fatigue chronique, ou encéphalomyélite myalgique. Cette nouvelle recherche menée à la Mailman School of Public Health de la Columbia University, aboutit même à une signature du syndrome constituée de perturbations du microbiome. L’étude, publiée dans la revue Cell Host & Microbe précise ainsi les différences dans les microbiomes intestinaux des personnes atteintes d'encéphalomyélite myalgique.

 

Le syndrome de fatigue chronique (SFC) ou encéphalomyélite myalgique (EM) a longtemps été ignoré, en dépit de ses symptômes parfois sévères dont une extrême fatigue, durable. Son diagnostic reste très complexe et sa prévalence estimée entre 0,1 et 0,3%, qui entraine un lourd fardeau sanitaire, est très probablement sous-évaluée. Les symptômes de fatigue persistante, faiblesse musculaire, douleurs, troubles de la mémoire et du sommeil, dysfonctionnement cognitif, troubles gastro-intestinaux, entre autres symptômes, sont handicapants pour les patients.

 

Reconnue tardivement (1992) par l'Organisation mondiale de la santé, cette affection un peu mystérieuse dispose de peu de marqueurs diagnostiques. Des anomalies cérébrales spécifiques ont été identifiées par une étude de Stanford. Une étude récente a identifié des signatures immunitaires, donc biologiques de la maladie. Une autre étude a également apporté une première description des processus qui sous-tendent le dysfonctionnement cognitif, associé au SFC.

Le SFC est une vraie maladie cependant son diagnostic et son traitement restent complexes

L'étude, menée dans le cadre du programme du Center for Solutions for Myalgic Encephalomyelitis/Chronic Fatigue Syndrome, un groupe de recherche interdisciplinaire et interinstitutionnel dédié à la compréhension de la biologie de la maladie afin de développer des moyens efficaces pour la diagnostiquer, la traiter et la prévenir est basée sur les analyses métagénomiques et métabolomiques d'échantillons fécaux prélevés sur 106 patients atteints et 91 témoins en bonne santé. L’analyse révèle :

 

  • des différences dans la diversité, l'abondance, les voies biologiques fonctionnelles et les interactions entre les différentes communautés bactériennes du microbiome intestinal ;
  • les bactéries intestinales Faecalibacterium prausnitzii et Eubacterium rectale, qui sont normalement abondantes et bénéfiques pour la santé se retrouvent réduites chez les participants atteints ;
  • chez les patients atteints, la capacité de ces 2 bactéries à synthétiser le butyrate, le principal carburant des cellules du côlon de l'organisme, est déficiente ;
  • l'abondance de Faecalibacterium prausnitzii est inversement associée à la sévérité de la maladie ;
  • une autre espèce bactérienne est identifiée avec une abondance relative réduite dans l'EM/SFC : il s’agit de C. secundus, un producteur d'acétate, qui pourrait contribuer à la carence en acétate, autre caractéristique de la maladie ; l’acétate étant utilisé par les bactéries productrices de butyrate pour produire du butyrate.
  • 9 autres espèces sont retrouvées à des niveaux accrus dans l'EM/SFC dont C. bolteae, une famille qui, dans d'autres recherches, a été corrélé à la fatigue dans la sclérose en plaques (SEP). Une autre espèce, R. gnavus, a été associée à une maladie intestinale chronique inflammatoire (MICI).

 

« Le microbiome intestinal est une communauté complexe regorgeant d'interactions inter-espèces diverses qui peuvent être bénéfiques ou nuisibles. Cette recherche révèle que chez les personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique la configuration de ce système est spécifique et forme une signature de la maladie », explique l'un des auteurs principaux, Brent Williams, professeur d'épidémiologie à la Mailman School of Public Health.

 

Dans de précédentes études (2015 et 2017), les scientifiques des mêmes équipes avaient déjà ont identifié des changements immunitaires distincts et des niveaux anormaux de bactéries intestinales spécifiques liés à la maladie qui touche des millions de personnes dans le monde.


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