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TABAGISME PASSIF : Dehors comme à la maison, il finit par entraîner l’arythmie

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 1 jour
EHRA
Le tabagisme passif est nocif non seulement dans les espaces intérieurs mais tout autant dans les environnements extérieurs (Visuel Fotolia 205244515)

Le risque de développer une fibrillation auriculaire augmente avec la durée de l’exposition à la fumée du tabac, conclut cette étude coréenne, qui confirme que le tabagisme passif est nocif non seulement dans les espaces intérieurs mais qui souligne aussi ses effets dans les environnements extérieurs. Ces données présentées à l’European Heart Rhythm Association (EHRA) 2024, un congrès de l’European Society of Cardiology (ESC), établissent pour la première fois cette relation dose-dépendante entre le tabagisme passif et les troubles du rythme cardiaque.

 

Cet effet débute même avec une exposition modeste à la fumée secondaire puis augmente avec la durée du tabagisme passif, résume l’auteur principal, le Dr Dr Kyung-Yeon Lee de l'hôpital universitaire national de Séoul : « les dangers de la fumée secondaire persistent que ce soit à la maison, à l'extérieur ou au travail et l'exposition augmente universellement le risque de fibrillation auriculaire. Le tabagisme devrait donc être également interdit dans tous les lieux publics ».

 

La fibrillation auriculaire est le trouble du rythme cardiaque le plus répandu dans le monde. Les symptômes comprennent des palpitations, un essoufflement, de la fatigue et des troubles du sommeil. 1 Européen sur trois développera un type d’arythmie au cours de sa vie et les personnes atteintes de fibrillation auriculaire (FA) sont 5 fois plus susceptibles de subir un accident vasculaire cérébral (AVC).

Le tabagisme passif est déjà lié aux maladies coronariennes et à la mortalité prématurée,

mais sa corrélation avec la fibrillation auriculaire reste mal comprise.

 

L'étude examine l'association entre l'exposition à la fumée secondaire et le risque à long terme de fibrillation auriculaire incidente, auprès de 400.493 participants âgés de 40 à 69 ans, à 52 % des femmes, inscrits à la biobank britannique. Les fumeurs actuels et ceux souffrant de FA ont été exclus de l'analyse. Les participants ont estimé et renseigné le nombre d’heures pendant lesquelles ils avaient pu être exposés au cours d’une semaine typique, à la maison et dans d’autres environnements. Ils étaient classés dans le « groupe exposé » en cas de contact avec la fumée secondaire et dans le « groupe non exposé » s’ils n’avaient eu aucun contact avec la fumée secondaire.

 

  • 85.984 soit 21 % des participants avaient été exposés à la fumée secondaire au cours de l’année précédente, avec une exposition moyenne de 2,2 heures par semaine ;
  • au cours des 12 années de suivi, 23.471 participants, soit 6 % ont développé une FA ;
  • après prise en compte des facteurs de confusion possibles, dont l'âge, le sexe, l'origine ethnique, l'indice de masse corporelle (IMC), la consommation quotidienne d'alcool, l'activité physique modérée à vigoureuse, le diabète, l’hypertension artérielle, un taux de lipides sanguins élevés, le statut socio-économique et le lieu de résidence,

le groupe exposé à la fumée secondaire présentait un risque 6 % plus élevé de FA ;

  • au-delà de l’augmentation du risque de FA, la relation apparaît dose-dépendante et chaque augmentation de la durée d’exposition hebdomadaire s’avère associée à un risque accru de fibrillation auriculaire ;
  • à titre d’exemple, 7,8 heures de tabagisme passif par semaine sont associées à un risque  accru de 11 % de troubles du rythme cardiaque vs l’absence de tabagisme passif ;
  • le risque de FA chez les personnes exposées augmente à l’intérieur, comme à la maison ou au travail, mais également à l’extérieur.

 

« Dès la première exposition à la fumée secondaire, le risque de FA commence à augmenter. Cela est confirmé à l’intérieur, mais l’étude nous apprend que c’est également le cas dans les environnements extérieurs, avec des implications évidentes pour la santé publique ».


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