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TABAGISME : Remplacer quelques cigarettes par du vapotage « ne sert à rien »

Actualité publiée il y a 8 mois 1 semaine 5 jours
Circulation
Combiner ces deux pratiques, dans l’objectif généralement de réduire sa consommation de cigarettes est très probablement aussi nocif que continuer à fumer des cigarettes (Visuel Fotolia)

Ces données à paraître dans Circulation, l’une des revues de l’American Heart Association (AHA) alertent sur la combinaison vapotage et tabagisme. Combiner ces deux pratiques, dans l’objectif généralement de réduire sa consommation de cigarettes est très probablement aussi nocif que continuer à fumer le même nombre de cigarettes. Un message important pour les personnes qui peuvent penser que la substitution de quelques cigarettes dans la journée par l'utilisation de la e-cigarette, réduit leur risque cardiovasculaire.

 

Avec le tabagisme, le lien avec les maladies cardiovasculaires et le décès, n’est plus à démontrer. Alors que l'utilisation de la cigarette électronique est une pratique aujourd’hui populaire et que certains fumeurs vapoter pour moins fumer, peu de recherches ont encore été menées sur l'impact de la combinaison tabagisme et vapotage.

Vapoter pour remplacer quelques cigarettes dans la journée, ne réduit pas le risque

Cette large analyse de données de 7.100 adultes américains âgés de 18 ans et plus, permet de préciser l'association du tabagisme et de l'utilisation de la cigarette électronique avec certains biomarqueurs avérés de santé cardiaque, dont l'inflammation et le stress oxydatif. Ces biomarqueurs sont en effet des prédicteurs bien documentés d'événements cardiovasculaires, dont le développement de l’insuffisance et la crise cardiaques.

 

Il s’agit de l’analyse de données représentatives au niveau national (Etats-Unis) de l’étude Population Assessment of Tobacco and Health (PATH), de comportements de consommation de cigarettes et de cigarettes électroniques, et des biomarqueurs de l'inflammation et du stress oxydatif. L’auteur principal, le Dr Andrew C. Stokes, professeur de santé publique mondiale à l'Université de Boston rappelle « qu’étant donné le décalage entre l'exposition au tabac et les symptômes et le diagnostic de la maladie, l'identification de l'association entre l'utilisation de la cigarette électronique et les biomarqueurs de lésions cardiovasculaires est nécessaire pour comprendre les effets à long terme des cigarettes électroniques ».

5 biomarqueurs de l'inflammation et du stress oxydatif ont été pris en compte. Parmi les participants à l'étude,

  • 58,6% n'utilisaient ni cigarettes ni cigarettes électroniques ;
  • près de 2% vapotaient exclusivement ;
  • 30% fumaient exclusivement des cigarettes ;
  • environ 10% utilisaient à la fois des cigarettes électroniques et des cigarettes traditionnelles.

L'analyse révèle :

  • un profil de stress inflammatoire et oxydatif similaire chez les vapoteurs exclusifs vs les non-fumeurs de cigarettes ;
  • des niveaux plus élevés pour tous les biomarqueurs de risque et similaires entre les participants qui fument exclusivement et ceux qui utilisent des cigarettes et des cigarettes électroniques vs participants non-utilisateurs de cigarettes classiques et de cigarettes électroniques ;
  • des niveaux significativement plus faibles de presque tous les biomarqueurs de stress inflammatoire et oxydatif chez les participants vapotant exclusivement vs les participants exclusivement fumeurs ;
  • des niveaux de tous les biomarqueurs de stress inflammatoire et oxydatif comparables chez les participants qui combinent les cigarettes classiques aux cigarettes électroniques présentent à ceux qui fument exclusivement.

Ainsi, vapoter pour remplacer quelques cigarettes dans la journée, ne réduit pas le risque d’événements cardiovasculaires.

 

« C’est un message important pour les personnes qui peuvent penser que l'utilisation de cigarettes électroniques tout en continuant à fumer des cigarettes classiques réduit leur risque. Ce modèle couramment observé de double usage n'est en effet pas associé à des niveaux plus faibles de marqueurs inflammatoires, et n'est donc pas susceptible d’offrir une réduction du risque dans ce domaine spécifique ».

 

L'étude, menée sur un large échantillon, souligne l'importance d'une éducation du public concernant l'inefficacité de la combinaison vapotage-tabagisme pour réduire les risques connus du tabagisme.

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