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TABAGISME TERTIAIRE : Une menace silencieuse qui plane et qui persiste

Actualité publiée il y a 1 jour 3 heures 22 min
Building and Environment
Ces résidus qui persistent sur les surfaces longtemps après l'extinction d'une cigarette, ne se limitent pas à une simple odeur de renfermé (Visuel Fotolia 70371631)

Cette nouvelle étude de l’Institute of Atmospheric Physics, Chinese Academy of Sciences révèle, dans la revue Building and Environment, la menace persistante et évolutive de la « fumée tertiaire » au sein même de nos appartements, et démontre, via diverses analyses, que ces résidus qui persistent sur les surfaces longtemps après l'extinction d'une cigarette, ne se limitent pas à une simple odeur de renfermé, mais constituent une source dynamique de pollution atmosphérique continue.

 

Si les dangers du tabagisme passif sont largement reconnus, ce danger de la fumée tertiaire est plus persistant et plus insidieux. Chaque objet « contaminé » comme un simple pull en laine exposé à la fumée tertiaire peut ainsi être un vecteur durable de pollution de l’air intérieur.

 

La fumée tertiaire désigne le mélange toxique de substances chimiques qui se déposent sur les murs, les meubles, les tapis, les rideaux et autres surfaces après la dissipation de la fumée de tabac. Contrairement à la fumée secondaire, que l'on inhale directement, ce résidu peut continuellement réémettre des polluants dans l'air et subir des transformations chimiques au fil du temps, créant ainsi un risque d'exposition à long terme.

 

L’étude, menée par Sun Yele, professeur à l'Institut de physique atmosphérique cartographie l'évolution en temps réel de la fumée tertiaire dans les environnements intérieurs. Grâce à une technologie de pointe de surveillance de la qualité de l'air, l'équipe est parvenue à suivre à la fois de minuscules particules et des gaz invisibles émis par les surfaces contaminées. Ces travaux révèlent :

 

  • une différence marquée entre la fumée secondaire et la fumée tertiaire ;
  • alors que les particules de fumée secondaire disparaissent rapidement, la fumée tertiaire persiste dans l'air à un faible niveau pendant de longues périodes ;
  •  la « signature » ​​chimique des particules associées au tabagisme tertiaire se modifie, indiquant que le résidu devient plus riche en azote et plus nocif avec le temps ;
  • nos habitations piègent cette pollution : les matériaux poreux, comme les tapis en laine ou les tissus d'ameublement, agissent comme de véritables « réservoirs » absorbant les substances chimiques du tabac;
  • ces réservoirs libèrent ensuite lentement des polluants, les rendant résistants à une simple aération et prolongeant la contamination pendant des heures, voire des jours ;

 

Un processus de libération en 3 phases des polluants toxiques :

 

  1. une première libération massive de gaz,
  2. une phase de plusieurs heures de libération continue de composés liés à la nicotine,
  3. une longue et lente « traînée » d'autres substances chimiques.

 

« Le principal enseignement est que

la fumée tertiaire n'est pas une tache statique »,

concluent les chercheurs. C'est une source de pollution active et persistante dans les habitations. La libération de composés toxiques est durable, exposant les occupants à de faibles doses de toxines longtemps après.

 

Des preuves scientifiques essentielles aux recommandations de santé publique, soulignant la nécessité de prendre en compte la fumée tertiaire dans les stratégies de lutte antitabac et les normes de qualité de l'air intérieur.

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