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TENSION ARTÉRIELLE : Affectée par les gènes dès la petite enfance

Actualité publiée il y a 3 semaines 4 jours 5 heures
European Journal of Preventive Cardiology
La tension artérielle « dépend » également de nos gènes (Visuel Adobe Stock 107426403)

La tension artérielle « dépend » également de nos gènes, souligne cette équipe de la Norwegian University of Science and Technology (NTNU), qui explique que ces facteurs génétiques influent sur la tension artérielle dès la petite enfance. Ainsi, plus tard dans la vie, le risque d’hypertension artérielle (HTA) dépend en partie et aussi de ces facteurs génétiques. En partie, car souligne l’équipe de recherche dans l’European Journal of Preventive Cardiology, il reste possible de lutter contre ces influences génétiques nombreuses mais modestes, par des mesures classiques de mode de vie.

 

L'hypertension artérielle (HTA) est la principale cause de crises cardiaques et d'accidents vasculaires cérébraux (AVC), et les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde : en Norvège, lieu de l’étude, elles représentent 23 % des décès. Dans de nombreux cas, la cause médicale directe de l’HTA est inconnue, cependant de précédentes recherches ont déjà impliqué des facteurs génétiques.

« Les maladies liées au mode de vie sont souvent causées par une combinaison d’hérédité et d’environnement. Ces maladies sont souvent le résultat non pas d’une seule, mais de très nombreuses variantes génétiques », expliquent les chercheurs.

 

 En effet, environ 1.500 variantes génétiques sont identifiées comme ayant un lien évident avec la pression artérielle, mais l’effet biologique d’un grand nombre de ces gènes sur la pression artérielle n’est pas connu. Cependant ces gènes affectent, plus ou moins, la tension artérielle dès le début de la vie et augmentent le risque de maladie cardiovasculaire au fur et à mesure du vieillissement.

 

L’auteur principal, Karsten Øvretveit, chercheur en santé publique et en soins infirmiers à la NTNU précise ces influences : « nous parlons de très petites différences, si petites que la pression artérielle peut toujours se situer dans ce qui est considéré comme une fourchette normale. Le problème est qu'ils ont tendance à influer toute la vie ».

 

L’étude a porté sur le poids du risque génétique via l’analyse des données de santé des participants à la cohorte HUNT du Trøndelag et à la cohorte britannique « Children of the 90s ». Cette dernière cohorte comprend les données de santé de près de 14.000 enfants depuis leur naissance jusqu'à la vingtaine. L'Enquête HUNT comprend des données de santé et biologiques de 250.000 habitants du Trøndelag, l’une des 5 grandes régions de Norvège. Afin de déterminer le risque d’hypertension artérielle de chaque participant, les chercheurs ont utilisé des données génétiques provenant d’études sur de vastes populations, ont développé un score du risque génétique de HTA. En comparant la tension artérielle des enfants présentant le risque génétique le plus élevé avec celle des enfants présentant le niveau de risque le plus faible, les chercheurs constatent que :

 

  • la tension artérielle moyenne du premier groupe est déjà plus élevée à l’âge de 3 ans ;
  • cette différence s’accentue tout au long de l’enfance et jusqu’à l’âge adulte ;
  • l’hypertension artérielle lorsqu’elle survient, touche tous les groupes d’âge
  • le score de risque génétique permet de prédire, de manière précoce, les participants particulièrement à risque d’HTA et donc de prendre des mesures, avant que la maladie ne se développe ;
  • en maintenant leur tension artérielle à un niveau bas, par des mesures de mode de vie, les personnes à score de risque génétique élevé peuvent contrer leur risque et même descendre à un niveau de risque plus faible que celui de personnes considérées comme génétiquement protégées.

La différence de score de risque augmente avec l’âge

Les chercheurs insistent sur « la composante temporelle » : non seulement, les différences de tension artérielle entre les participants présentant le risque le plus élevé et ceux présentant le risque le plus faible persistent tout au long de la vie, mais une tension artérielle légèrement élevée pendant de nombreuses années, renforce la prédisposition aux maladies cardiovasculaires et aux maladies rénales.

En revanche, si des mesures de mode de vie sont prises, ou encore des médicaments, le risque de maladie peut être considérablement réduit.

À ce jour, les chercheurs ont identifié environ 1.500 variantes génétiques impliquées dans la pression artérielle ainsi que les combinaisons de variantes génétiques associées à un risque élevé, u au contraire plus faible.

 

Il n’est certainement pas question de surveiller en continu la tension artérielle de chaque enfant, mais les données de cette étude pourraient permettre à terme de développer un outil de détection du risque, dès l’enfance.

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