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TEST PSA : Plus de diagnostics mais pas moins de décès

Actualité publiée il y a 1 année 8 mois 1 semaine
JAMA
Le dépistage du cancer de la prostate par test sanguin PSA ne sauve pas « plus » de vies

Le dépistage du cancer de la prostate par test sanguin PSA ne sauve pas « plus » de vies conclut cette recherche menée sur plus de 400.000 hommes britanniques. En effet, l’étude n’identifie pas de différence entre le groupe de dépistage et un groupe de contrôle dans les taux de décès par cancer de la prostate à 10 ans. Ces nouvelles données, présentées dans Journal of the American Medical Association suggèrent que le test PSA ne remplit pas son objectif de détection des cancers à croissance rapide et sensibilisent à nouveau sur les risques de « surdiagnostic », « surbiopsie » et surtraitement.

 

Globalement, l’étude révèle que les participants au dépistage par test PSA sont plus susceptibles d’être diagnostiqués en cas de cancer de la prostate, mais que leur risque de décès n’est pas réduit pour autant. Les auteurs rappellent le principe : le test mesure la quantité de PSA dans le sang. Les niveaux sont généralement plus élevés lorsque les hommes ont un cancer de la prostate, mais cette augmentation du taux de PSA peut également être induite par d’autres facteurs, comme les infections urinaires par exemple. Le test peut donc aboutir à des « faux positifs » et, au-delà, ne précise pas si un cancer est si lent qu'il est inoffensif ou s'il est agressif et nécessite un traitement. De plus, la prostate peut devenir plus grosse avec le vieillissement et en l’absence de cancer. Enfin, les surdiagnostics en particulier de cancers inoffensifs, entraînent des biopsies et des traitements inutiles qui peuvent causer des problèmes d'érection et de d'incontinence urinaire.

 

L'étude a porté sur 573 cabinets de médecine générale, dont 271 invités à proposer à leurs patients âgés de 50 à 69 ans un test d'Antigène Spécifique de la Prostate (PSA) alors que 302 cabinets (témoins) ne proposaient le test que sur demande du patient. Les hommes dont les résultats ont suggéré un éventuel cancer ont subi une biopsie et, en cas de cancer, ont été traités. Précisément, les hommes ayant un taux de PSA supérieur à 3 ng / ml se sont vu proposer une biopsie puis un traitement contre le cancer de la prostate si la biopsie révélait des cellules cancéreuses. L’analyse montre que :

  • Les hommes du groupe dépistage sont plus susceptibles de recevoir un diagnostic de cancer dans les 10 années suivant le test :
  • 36% des participants du groupe de dépistage ont subi un test PSA ;
  • 11% des participants testés ont présenté un taux de PSA élevé, 85% d’entre eux ont subi une biopsie ;
  • 4,3% des participants du groupe de dépistage ont finalement reçu un diagnostic de cancer de la prostate, vs 3,6% dans le groupe témoin ;
  • aucune différence n’est constatée dans les taux de décès par cancer de la prostate à 10 ans, entre le groupe de dépistage et le groupe témoin : ce taux est de 3/1.000 dans les 2 groupes.

 

Ces résultats suggèrent que le test PSA ne remplit pas son objectif de diagnostic des cancers de la prostate à croissance rapide.

 

 

3 raisons sont invoquées pour expliquer ces résultats :

  1. Le dépistage, via PSA, de plus de cancers à stade précoce, moins dangereux et moins susceptibles de se développer ;
  2. de faibles taux de PSA au moment du dépistage associés parfois à un cancer réellement agressif ;
  3. des effets parfois mortels des traitements : 8 décès sont ainsi recensés dans le groupe de dépistage liés à la biopsie ou au traitement du cancer de la prostate et 7 dans le groupe témoin.

 

Le suivi à plus long terme de ces données est toujours en cours, mais les auteurs concluent que ces résultats ne soutiennent pas le test de PSA pour un dépistage systématique en population générale. Il s’agit, pour certains experts, qui commentent ces résultats, de trouver maintenant, des tests diagnostiques plus performants.

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