THÉRAPIES CÉRÉBRALES : Déverrouiller la barrière, c’est possible
Le grand défi dans le traitement pharmacologique des maladies cérébrales et neurologiques reste de pouvoir faire franchir au principe actif, la barrière protectrice hémato-encéphalique, pratiquement infranchissable, qui protège l’intégrité du cerveau. De nombreuses équipes travaillent à des conjugués capables de la traverser pour permettre l'administration systémique de grosses molécules thérapeutiques au cerveau. Cette équipe du Mount Sinai Hospital / School of Medicine (New York) apporte ici, dans la revue Nature Biotechnology, les premières preuves in vitro et in vivo d’efficacité de leur nouvelle approche.
La barrière hémato-encéphalique empêche les substances nocives de pénétrer dans le cerveau mais empêche tout autant les grosses biomolécules thérapeutiques d’atteindre le système nerveux central (SNC). Cependant, la nouvelle approche surmonte ce défi et permet de franchir une nouvelle étape dans l’administration, de manière sûre et efficace, de molécules thérapeutiques dans le cerveau et d’élargir ainsi les options de traitement pour un large éventail de maladies neurologiques et psychiatriques, dont la sclérose latérale amyotrophique (SLA), la maladie d’Alzheimer, les addictions et de nombreux autres troubles du SNC.
La nouvelle plateforme exploite un processus biologique spécialisé appelé « transcytose » médiée par la gamma-sécrétase,
une enzyme très impliquée dans la régulation de l’activité neuronale, pour administrer de grosses molécules thérapeutiques, comme des oligonucléotides et des protéines, directement dans le cerveau par une simple injection intraveineuse.
L’un des auteurs principaux, le Dr Yizhou Dong, professeur d’immunologie et d’immunothérapie à l’Icahn Mount Sinai explique : « la barrière hémato-encéphalique est un mécanisme de défense essentiel et un défi pour l’administration de médicaments au cerveau. Notre plateforme brise cette barrière, permettant aux biomacromolécules, y compris les oligonucléotides, d’atteindre le SNC de manière sûre et efficace ».
Premières preuves de concept :
- testée via l’injection, chez des souris modèles d’un composé appelé BCC10 lié à des outils génétiques spécialisés connus sous le nom d’oligonucléotides antisens, la plateforme permet au composé d’atteindre le cerveau et d’y réduire l’activité de gènes nocifs ;
- chez la souris modèle de modèle de SLA le traitement, délivré avec cette nouvelle approche, a considérablement réduit les niveaux du gène responsable (Sod1) et de sa protéine associée ;
- chez la souris modèle d’Alzheimer, un autre oligonucléotide antisens lié à BCC10 a considérablement réduit un autre gène nocif, Mapt, qui code pour la protéine tau. Ce même gène est une cible reconnue dans le traitement de la maladie d’Alzheimer et d’autres types de démence.
- peu ou pas de dommages aux principaux organes aux doses testées ont été observés chez ces modèles animaux.
La nouvelle technologie semble répondre au besoin urgent d'outils thérapeutiques capables de contourner la barrière hémato-encéphalique et d’améliorer l’administration systémique de biomacromolécules au système nerveux central.
D’autres études précliniques sont déjà programmées sur de grands modèles animaux pour valider la plateforme et développer encore son potentiel thérapeutique.
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