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TOUX PERSISTANTE et IDIOPATHIQUE : Le traitement qui cible le réflexe neurologique

Actualité publiée il y a 5 mois 1 semaine 2 jours
The Lancet Respiratory Medicine
4 à 10% des adultes dans le monde souffrent de toux chronique non expliquée et non explicable

4 à 10% des adultes dans le monde souffrent de toux chronique non expliquée et non explicable par des antécédents de tabagisme ou l’asthme ou d'autres facteurs environnementaux. Cette toux persistante et idiopathique -soit sans cause identifiée- semble déclenchée par un processus spécifique et incompris- ce qui explique aussi qu’elle ne réponde pas aux traitements standards. Une autre cible devrait alors être considérée : l'hyperexcitabilité des voies neuronales impliquées dans la toux. C’est la cible même de ce nouveau médicament, le géfapixant, qui promet, dans le Lancet Respiratory Medicine, de réduire la fréquence de la toux, y compris chez les patients qui toussent depuis plus de 15 ans.

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Les chercheurs définissent comme "le syndrome d'hypersensibilité à la toux", ce réflexe exacerbé de toux, présent sur une longue durée de 8 semaines ou plus, et qui ne dispose aujourd’hui d’absolument aucun traitement. Pourtant, cette toux chronique inexpliquée a un impact significatif sur la qualité de vie.

Cet espoir d’un traitement sûr et efficace a déjà justifié le lancement d’essais de phase III

 

Des résultats prometteurs en phase II : l'essai clinique de phase IIb, d’une durée de 12 semaines est mené auprès de 253 patients, âgés en moyenne de 60 ans, à 60% des femmes, souffrant « sans raison » de toux persistante et réfractaire aux traitements, depuis 14,5 ans en moyenne. 70% des participants n'avaient jamais fumé. Le candidat, nommé « géfapixant » promet ici de réduire la fréquence de la toux, y compris chez des patients souffrant de toux chronique depuis plus de 15 ans. Son efficacité avait déjà été documentée, de précédentes études ayant conclu que le géfapixant réduit la fréquence de la toux lorsqu'il est administré à une dose élevée (600 mg) durant 2 semaines. Ce nouvel essai randomisé contrôlé en double aveugle de 12 semaines a testé 3 doses différentes de géfapixant et observé les effets secondaires associés.

 

Plusieurs doses vs placebo : Les patients ont été répartis pour recevoir soit un placebo (63 patients) soit du géfapixant 2 fois par jour, tous les jours pendant 84 jours sur la base des 3 doses suivantes : 7,5 mg (64 patients), 20 mg (63 patients) ou 50 mg (63 patients).

Tout au long du suivi, les patients ont tenu un journal de sévérité de la toux, dont le nombre de crise par heure. La fréquence de la toux a également été relevée de manière objective, en équipant les participants d'un appareil d'enregistrement sonore sur 4 périodes de 24 heures. Au cours de 3 visites de traitement, les participants ont rempli le « Leicester Cough Questionnaire », et au cours de 6 visites, évalué la gravité de leur toux sur une échelle allant de « pas de toux» à « la pire toux possible ». Les cliniciens ont également enregistré tout effet secondaire du traitement.

Avant le début du traitement, les patients toussaient environ 24 à 29 fois par heure.  Après 12 semaines de traitement, cette fréquence est diminuée.

  • pour le groupe placebo : à 18 fois par heure : les auteurs notent un fort effet placebo ;
  • pour le groupe 50 mg de géfapixant 2 fois par jour : à 11 épisodes de toux par heure,
  • pour les groupes de 7,5 mg et 20 mg, également une réduction du nombre de toux, mais non statistiquement significative ;
  • ainsi, l'amélioration avec la dose de 50 mg, mais pas avec les autres doses, atteint une signification statistique vs  placebo.

 

 

Au niveau des effets indésirables observés, la dysgueusie et d'autres expériences indésirables liées au goût ont conduit 10 patients du groupe 50 mg à abandonner l'étude. Néanmoins, la plupart des participants ont déclaré souhaiter poursuivre le traitement pendant au moins un an.

 

Etant donné l'impact négatif significatif d’une toux persistante sur la qualité de vie, ces données qui suggèrent l’espoir d’un traitement sûr et efficace ont déjà motivé le lancement d’essais de phase III actuellement en cours sur un échantillon plus large et une durée de suivi plus longue.

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