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Transplantation du MICROBIOTE FÉCAL : Elle réduit de 50% les symptômes de l’autisme

Actualité publiée il y a 2 mois 2 semaines 3 jours
Scientific Reports
Les médecins constatent avec la greffe de microbiote, une réduction de 45% des symptômes majeurs du TSA (langage, interaction sociale et comportement).

Le fameux axe intestin-cerveau est de mieux en mieux documenté, cependant cette étude surprend par l’effet bénéfique frappant d’un « nouveau » microbiote sur les symptômes de l’autisme. En effet, cette équipe de l'Université de l'Arizona State révèle, dans les Scientific Reports, une réduction de près de 50% des symptômes de l’autisme, 2 ans après la greffe de selles ou transplantation de microbiote fécal. Précisément, au début de l'étude, 83% des participants étaient considérés comme autistes « sévères ». À la fin de l'étude, seulement 17% restent considérés comme atteints de TSA sévère, 39% léger ou modéré et 44% des patients sont « passés » en deçà du seuil de diagnostic…

 

Nombreuses sont les recherches qui suggèrent que nos microbiomes intestinaux affectent la communication cérébrale et la santé neurologique. De nombreuses équipes travaillent ainsi à identifier des changements dans le microbiote intestinal responsables de maladies ou qui pourraient, a contrario, permettre de traiter ou de réduire des symptômes. Cette recherche qui confirme l’impact du microbiome sur la sévérité des troubles du spectre autistiques (TSA) apporte également l'espoir de nouveaux traitements, alors qu’aujourd’hui les thérapies cognitivo-comportementales et sociales, les médicaments psychiatriques et les approches diététiques et nutritionnelles réussissent plus ou moins bien à réduire les symptômes. Un espoir d’autant que la prévalence des TSA augmente : selon les US Centers for Disease Control and Prévention (CDC), 1 enfant sur 59 est diagnostiqué « autiste », vs 1 sur 150 en 2000.

C’est la plus grande amélioration jamais obtenue pour les symptômes de l’autisme

 

La piste du microbiome : le microbiome intestinal, cette grande communauté de microbes qui vivent dans nos intestins, nous aide déjà de nombreuses manières, notamment dans la digestion de nos aliments, la formation de notre système immunitaire et la prévention de la prolifération de bactéries nocives. Mais le microbiome constitue également une voie de recherche prometteuse pour l’autisme et d’autres troubles mentaux. De récentes recherches suggèrent qu’il affecte également la communication cérébrale et la santé neurologique.

 

Un lien très étroit entre les microbes des intestins et les signaux qui se propagent dans le cerveau : Ici, l’équipe de l'Université de l'Arizona State démontre ses effets bénéfiques à long terme sur les enfants atteints de TSA via la transplantation de microbiote fécal (Microbiota Transfer Therapy - MTT), un type spécial de greffe de selles. Le plus remarquable est que les améliorations de la santé intestinale et la réduction des symptômes de l'autisme persistent longtemps après la greffe. Soit 2 ans après le traitement,

  • la plupart des améliorations initiales des symptômes intestinaux persistent ;
  • les parents signalent une réduction progressive et régulière des symptômes du TSA pendant le traitement et au cours de ces 2 années qui suivent ;
  • les médecins constatent également une réduction de 45% des symptômes majeurs du TSA (langage, interaction sociale et comportement).

 

 

Réduire les symptômes gastro réduit l’inconfort et améliore l’humeur et le comportement : 30 à 50% des personnes autistes ont des problèmes gastro-intestinaux : ce constat a donné l’idée aux chercheurs de regarder les effets d’une greffe de microbiote, partant de l’hypothèse que dans de nombreux cas, traiter ces troubles gastro-intestinaux permet d’obtenir des améliorations du comportement. Plus simplement, réduire l’inconfort et la douleur chroniques associés aux troubles gastro-intestinaux permet aussi de réduire l'irritabilité, la perte d'attention, le déficit d'apprentissage et certains troubles du comportement. Ensuite, une précédente étude portant sur un antibiotique, la vancomycine, avait mis en évidence des améliorations temporaires et majeures des symptômes gastro-intestinaux et de l'autisme, mais les bénéfices se dissipaient quelques semaines après l'arrêt du traitement.

 

Quel processus sous-jacent, dans l'intestin ? Comment donc le microbiome peut-il affecter -au-delà de la présence de troubles gastro-intestinaux- les symptômes physiques et comportementaux de l'autisme ? Les chercheurs montrent qu’en greffant un microbiote sain à des patients autistes, dépourvus de certaines bactéries intestinales, en reconstituant un microbiome plus diversifié et en améliorant la santé intestinale, il est possible de traiter l’autisme ou du moins de réduire ses symptômes. L’auteur principal, le Dr Borody a supervisé plus de 18.000 greffes de selles pour différents troubles et a été le premier médecin à utiliser la greffe de microbiote par voie orale pour traiter les enfants atteints de TSA . Son approche comprend 10 semaines de traitement, incluant un pré-traitement par vancomycine, un lavement d’intestin, un suppresseur d'acide gastrique et un transfert de microbiote fécal par jour pendant 7 à 8 semaines. Ce traitement permet :

  • de restaurer la diversité des communautés bactériennes, avec notamment « suffisamment » de bactéries utiles, telles que Bifidobacteria et Prevotella. Une diversité microbienne qui perdure encore 2 ans après le traitement ;
  • une réduction moyenne de 58% des symptômes gastro-intestinaux par rapport au niveau initial ;

 

 

  • une amélioration lente mais constante des principaux symptômes du TSA : Une évaluation médicale a révélé une diminution de 45% des symptômes de TSA par rapport aux valeurs initiales. Au début de l'étude 83% des participants étaient considérés comme autistes « sévères », à la fin de l'étude, ils ne sont plus que 17% dans ce cas.
  • Enfin, le traitement est généralement bien toléré, avec des effets indésirables minimes.

 

 

On peut parler « d’une première mondiale », à la lecture de ces résultats, des résultats positifs qui continuent de s'améliorer deux ans après le traitement initial : « C’est la plus grande amélioration jamais obtenue pour les symptômes de l’autisme », concluent les chercheurs.

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