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TROUBLE BIPOLAIRE : Un test tactile non invasif pour gérer le dosage du lithium

Actualité publiée il y a 2 mois 3 semaines 4 jours
ACS Fall 2022
Le sel de lithium est l'un des médicaments psychiatriques les plus largement utilisés pour les personnes atteintes de trouble bipolaire. Cependant, en raison de sa fenêtre thérapeutique étroite (~ 0,6 - 1,2 mM) et de son taux de non-adhésion ou non-réponse élevé (~ 40 %), il doit être étroitement surveillé (Visuel Jialun Zhu and Shuyu Lin)

Le sel de lithium est l'un des médicaments psychiatriques les plus largement utilisés pour les personnes atteintes de trouble bipolaire. Cependant, en raison de sa fenêtre thérapeutique étroite (~ 0,6 - 1,2 mM) et de son taux de non-adhésion ou non-réponse élevé (~ 40 %), il doit être étroitement surveillé pour optimiser l'efficacité du traitement. Cette équipe de bioingénieurs de l’University of California, Los Angeles (UCLA), présente, lors de l’American Chemical Society (ACS) Fall 2022, une nouvelle option de surveillance non invasive, du traitement par lithium, basée sur le toucher et l’analyse de la sueur, adapté à l’autogestion de la thérapie : un capteur qui pourrait aider les patients ou leurs proches à observer quotidiennement à domicile, le bon dosage.

 

Le lithium peut atténuer les symptômes du trouble bipolaire et de la dépression, s'il est pris en juste quantité. Trop peu ne fonctionne pas, tandis que trop peut entraîner des effets secondaires dangereux. Pour surveiller avec précision la quantité de ce médicament dans le corps, les patients doivent subir des tests sanguins invasifs. Ainsi, la pratique standard de surveillance du lithium permettant un dosage précis implique une prise de sang, une analyse en laboratoire coûteuse avec une attente non négligeable des résultats.

 

Par ailleurs, il n'existe actuellement, pour les patients, aucun dispositif d’autosurveillance des niveaux de lithium et les solutions de surveillance indirecte (par exemple, les piluliers) ne permettent pas de vérifier les niveaux circulants du médicament.

Une simple pression du doigt apporte des informations au niveau moléculaire

Un minuscule capteur qui détecte les niveaux de lithium de la sueur, à la surface d'un doigt et en moins de 30 secondes, et sans avoir à se rendre à la clinique ou au laboratoire d’analyses, nous est présenté par cette équipe californienne.

 

Le nouveau dispositif est constitué d’une interface de détection revêtue d'hydrogel qui collecte et analyse (in situ) le flux de molécules de lithium en circulation qui se répartissent sur le bout des doigts. Cette interface a été construite à l'aide d'une fine électrode sélective d'ions lithium revêtue d'organohydrogel (TOH-ISE), le revêtement « TOH » ayant été spécialement conçu pour stabiliser les conditions de détection. Testée sur un patient prenant un médicament à base de lithium, cette interface de détection tactile a permis de « capturer » les variations de niveaux dont l'élévation des niveaux de médicament en circulation après la prise du médicament. Ces résultats préliminaires apportent ainsi une première preuve de concept de cette solution tactile pour le suivi et la gestion de la pharmacothérapie à base de lithium.

 

« Le corps humain produit constamment de la sueur, mais seulement en très petites quantités », commente l’un des auteurs principaux, Shuyu Lin, chercheur à l’UCLA. « De petites molécules dérivées de médicaments, dont le lithium, apparaissent dans cette sueur. C’est donc l’opportunité de développer un nouveau type de capteur capable de détecter ces petites molécules. Par ailleurs, le capteur interagit avec de nombreux dispositifs électroniques tactiles, et s'intégre de manière transparente dans la surveillance et la vie quotidiennes ».

 

Des applications au-delà du lithium : des capteurs tactiles similaires sont également en cours de développement pour la surveillance de l'alcool et l'acétaminophène, un analgésique également connu sous le nom de Tylenol®, et à terme, d'autres substances. Les systèmes de détection complets pourraient inclure des fonctionnalités supplémentaires, telles que le cryptage sécurisé par une empreinte digitale ou, pour les substances addictives, un système de distribution robotique qui libère des médicaments uniquement si le patient présente un faible niveau du principe actif dans sa circulation sanguine.

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