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Une THÉRAPIE CELLULAIRE contre l’ALZHEIMER

Actualité publiée il y a 1 année 5 mois 4 semaines
Neuron
Cette nouvelle piste thérapeutique consiste à cibler les interneurones pour contrer les effets clés de la maladie.

La thérapie cellulaire pourrait améliorer la fonction cérébrale dans la maladie d'Alzheimer : ces chercheurs de l’Institut Gladstone (San Francisco) greffent un type spécial de neurones dans le cerveau et restaurent ainsi les fonctions cognitives sur un modèle animal d'Alzheimer. Des résultats donc très prometteurs, présentés dans la revue Neuron, qui ouvrent de plus une nouvelle piste thérapeutique qui consiste à cibler les interneurones pour contrer les effets clés de la maladie.

 

La fonction du cerveau repose sur la coordination parfaite de nombreux éléments et il suffit qu’un seul soit désynchronisé pour entraîner le dysfonctionnement de l'ensemble. Dans la maladie d'Alzheimer, des dommages à des neurones spécifiques peuvent modifier les rythmes des ondes cérébrales et provoquer une perte des fonctions cognitives. Un type de neurone en particulier, appelé interneurone inhibiteur, est particulièrement important pour la gestion de ces rythmes cérébraux. L’équipe montre que l'amélioration génétique de ces interneurones et leur transplantation dans le cerveau d'un modèle murin de la maladie d'Alzheimer présente des avantages thérapeutiques significatifs.

 

Précisément, les interneurones contrôlent les réseaux complexes entre les neurones, leur permettant d'envoyer des signaux les uns aux autres, mais de manière harmonisée. Les chercheurs les comparent à des chefs d'orchestre qui inspirent des rythmes pour les neurones excitateurs et leur signalent quand jouer et quand s'arrêter. Un déséquilibre entre ces deux types de neurones, interneurones et neurones excitateurs, induit une dysharmonie caractéristique de multiples troubles neurologiques et psychiatriques, dont la maladie d'Alzheimer, l'épilepsie, la schizophrénie et l'autisme. De précédentes études du Dr Palop, Professeur de neurologie à l’Université de Californie San Francisco ont montré que les interneurones inhibiteurs ne fonctionnent pas correctement chez des modèles murins d'Alzheimer. Ainsi, avec la maladie, les rythmes qui organisent les cellules excitatrices sont perturbés et ne fonctionnent pas harmonieusement, ce qui crée un déséquilibre dans les réseaux cérébraux. Ce déséquilibre affecte la formation de la mémoire et peut conduire à une activité épileptique, d’ailleurs fréquemment observée chez les patients Alzheimer.

 

Les interneurones, une cible thérapeutique prometteuse pour le traitement des troubles cognitifs : la « réingénierie » des interneurones inhibiteurs permet de restaurer leur fonction, une fois transplantés dans le cerveau de souris modèles d’Alzheimer. Ces interneurones, une fois greffés, parviennent à nouveau à contrôler correctement l'activité des cellules excitatrices et restaurer les rythmes cérébraux. A une condition, l’ajout d’une protéine appelée Nav1.1. Les chercheurs montrent qu’une fois génétiquement modifiés, ces interneurones sont bien capables de surmonter l'environnement toxique caractéristique de la maladie toxique et de restaurer la fonction cérébrale. Ces interneurones s'intègrent remarquablement dans de nouveaux tissus cérébraux, et contrôlent à nouveau, chacun, des milliers de neurones excitateurs.

 

De nouvelles options de traitement pour les patients atteints de la maladie d'Alzheimer semblent possibles, à partir de ces résultats qui soutiennent que l'amélioration de la fonction des interneurones peut contrer les aspects clés de la maladie d'Alzheimer.

« Il reste » à vérifier que la thérapie cellulaire pourra être appliquée à l'Homme les chercheurs œuvrant déjà à l’identification de médicaments permettant de booster la fonction des interneurones inhibiteurs.

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