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VIEILLISSEMENT : 1 seul scan pour prédire le risque de démence

Actualité publiée il y a 1 année 1 semaine 2 jours
Nature Aging
Cette nouvelle horloge biologique permet de prédire le risque de démence et d'autres maladies liées à l'âge des années avant l'apparition des premiers symptômes. Mais pas seeulement. (Visuel Adobe Stock 788224736)

Les horloges biologiques progressent rapidement au fil des études, mais ces scientifiques de la Duke University (Caroline du Nord) peuvent déterminer la vitesse de vieillissement grâce à un seul scanner cérébral. Cette nouvelle horloge du vieillissement, "à partir d'un seul scan", présentée dans la revue Nature Aging, permet de prédire le risque de démence et d'autres maladies liées à l'âge des années avant l'apparition des premiers symptômes. Mais pas seulement...

 

C’est donc un outil « simple » permettant de mesurer la vitesse de vieillissement… tout en étant encore en bonne santé. À partir d'une simple IRM cérébrale, les chercheurs peuvent mesurer votre rythme de vieillissement et prédire le risque de démence et d'invalidité des années à l’avance et alors qu’il « reste du temps » pour adopter de nouvelles mesures de prévention.

Trouver des moyens de ralentir le déclin lié à l'âge est essentiel pour aider les gens à vivre plus longtemps et en meilleure santé.

L’un des auteurs principaux, le Dr Ahmad Hariri, professeur de psychologie et de neurosciences à l'université Duke, rappelle la différence notable entre l’âge chronologique et l’âge biologique, et l’importance de l’âge biologique dans le risque de maladies…liées à l’âge. Si de nombreuses horloges biologiques ont été développées, sous forme d’algorithmes, ces horloges s'appuient sur des données collectées auprès de personnes d'âges différents à un moment précis, plutôt que sur les données des mêmes sujets suivis tout au long du vieillissement.  

L’âge biologique partir d'une simple IRM cérébrale

L'outil permet d'estimer le risque de maladies chroniques qui apparaissent généralement des décennies plus tard à l'âge mûr. Ainsi, chez les personnes plus âgées, l'outil permet de prédire si une personne a un risque élevé de développer une démence ou d'autres maladies liées à l'âge des années avant l'apparition des symptômes.

 

L’étude, qui mène à cet outil, est basée sur les données recueillies auprès de 1.037 participants suivis depuis la naissance dans le cadre de la cohorte Dunedin. Tous les 2 ou 3 ans, les chercheurs ont suivi l'évolution de la tension artérielle, de l'indice de masse corporelle, des taux de glucose et de cholestérol, des fonctions pulmonaires et rénales, ainsi que d'autres paramètres, comme la récession gingivale et la carie dentaire, chez ces participants.

L'évolution globale de ces marqueurs de santé recueillis sur près de 20 ans a permis de générer un score de vieillissement

pour chaque participant.

Le nouvel outil a été conçu à l’aide d’algorithmes pour

reproduire ce score de vieillissement à partir des seules données d'une IRM cérébrale

réalisée auprès de 860 participants à la cohorte Dunedin à l'âge de 45 ans. Les chercheurs l'ont ensuite utilisé pour analyser des scanners cérébraux issus d'autres ensembles de données, provenant de personnes vivant au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada et en Amérique latine. Cette analyse confirme que :

 

  • les participants vieillissant plus rapidement selon ce score obtiennent de moins bons résultats aux tests cognitifs et présentent une diminution plus rapide de l'hippocampe, une région du cerveau essentielle à la mémoire ;
  • ces mêmes participants sont également plus susceptibles de connaître un déclin cognitif à un âge avancé ;
  • précisément, les participants avec score de vieillissement élevé au moment de l’inclusion présentent un risque accru de 60 % de démence dans les années qui suivent. Ces mêmes participants ont également commencé à présenter des troubles de la mémoire plus tôt que les participants à scores moins élevés ;
  • les participants avec scores de vieillissement plus élevés sont aussi plus susceptibles de souffrir d'une dégradation de leur santé globale, et pas seulement de la santé cérébrale ;
  • ces personnes sont aussi plus fragiles et plus susceptibles de souffrir de maladies liées à l'âge, tels que des crises cardiaques, des maladies pulmonaires ou des accidents vasculaires cérébraux ;
  • enfin, ces mêmes personnes présentent un risque accru de 18 % de diagnostic de maladie chronique au cours des prochaines années ;
  • ainsi qu’un risque accru de 40 % de décès au cours de la période de suivi.

« Le lien entre le vieillissement du cerveau et celui du corps est assez convaincant »,

relèvent les chercheurs.

En plus de prédire assez simplement le risque de démence au fil du temps, cette nouvelle horloge ca aider les scientifiques à mieux comprendre pourquoi les personnes présentant certains facteurs de risque, comme un sommeil de mauvaise qualité ou des troubles mentaux, vieillissent différemment, conclut l’un des auteurs, Ethan Whitman, professeur de psychologie et de neurosciences à Duke.

 

Des recherches supplémentaires restent nécessaires pour adapter la nouvelle horloge à la pratique clinique, et pouvoir, avec cet outil, compléter les données des examens standards, comme les analyses sanguines.

 

« Nous pensons vraiment qu’il s’agit d’un nouvel outil clé pour prévoir et prédire les risques de maladies, en particulier la maladie d’Alzheimer et les démences apparentées, et peut-être aussi pour mieux appréhender la progression de ces maladies ».

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