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VIEILLISSEMENT : L’âge de la mère influe-t-il sur l’espérance de vie de l’enfant ?

Actualité publiée il y a 3 mois 3 semaines 6 jours
Scientific Reports
Les enfants de mères plus âgées semblent avoir une espérance de vie plus courte

Ces chercheurs du Marine Biological Laboratory (MBL - Massachusetts) révèlent une spécificité, positive, de la "progéniture" de mères plus âgées : elle semble mieux réagir aux interventions alimentaires (jeûne intermittent) menées contre le vieillissement. A contrario, ils confirment une espérance de vie plus courte des enfants des mères plus âgées. L’étude menée sur des rotifères (animaux aquatiques microscopiques) -et non pas auprès d’humains-, présentée dans les Scientific Reports, suggère, plus largement, une influence de l’âge de la mère sur la réponse des enfants à de nombreuses expositions environnementales.

 

On savait qu'un âge maternel avancé au moment de l'accouchement réduit l’espérance de vie de la progéniture ainsi que sa fécondité. Cependant, les causes de ces associations restent mal comprises et on ignore si l'âge de la mère modifie la réponse de sa progéniture aux interventions « contre » le vieillissement. « Il est prouvé depuis plus d'un siècle, à partir d'expériences effectuées sur une grande variété d'espèces animales et sur l'Homme, que les « enfants » de mères plus âgées ont, en moyenne, une durée de vie plus courte et des taux de reproduction plus faibles », confirme l’auteur principal, Kristin Gribble, scientifique au MBL. « Cependant, on ne comprenait pas bien comment l'âge d'une mère peut affecter d'autres aspects de la santé de sa progéniture ».

À l'aide de rotifères (rotifère femelle présenté sur visuel ci-contre), l’équipe a étudié les effets de l'âge maternel sur le vieillissement de la progéniture et sa réaction aux changements alimentaires.

 

À l'aide de rotifères (rotifère femelle présenté sur visuel ci-contre), l’équipe a étudié les effets de l'âge maternel sur le vieillissement de la progéniture et sa réaction aux changements alimentaires. Les chercheurs ont nourri les mères rotifères avec un régime alimentaire régulier. Ils ont ensuite étudié la progéniture de mères jeunes (environ 3 jours), d’âge moyen et avancé (environ 9 jours). Les « petits » ont été nourris soit avec un régime riche, soit un apport calorique limité, soit par un jeûne intermittent (jeûne tous les 2 jours), un type de régime connu pour augmenter de manière significative la durée de vie des rotifères et de nombreuses autres espèces. L’expérience montre :

 

 

  • une espérance de vie plus courte et des taux de reproduction plus faibles de la progéniture de mères plus âgées vs mères plus jeunes ;
  • une durée de vie plus longue de la progéniture des mères plus âgées avait en réponse à la restriction calorique ;
  • chez les enfants nés de mères plus âgées, la diminution de la durée de vie semble être due à un vieillissement plus précoce, qui se trouve retardé lorsque cette progéniture est soumise à une restriction calorique.
  • la réponse plus positive à la restriction calorique de la progéniture de mères plus âgées, n’a pas d’incidence en termes d’amélioration de la condition physique globale ;
  • chez la progéniture de mères plus âgées et quel que soit le régime alimentaire, la fenêtre de reproduction est raccourcie ainsi que le nombre de naissances. La restriction calorique n’influe donc pas sur la reproduction.

 

 

Que suggère donc l’étude chez l’Homme ? Certes le fossé entre le rotifère et l’Homme est immense, cependant selon les chercheurs, ces données suggèrent que chez les humains aussi, l'âge d'une mère peut affecter non seulement la durée de vie et la capacité de reproduction de ses enfants, mais également d'autres aspects de la santé dont la taille et certaines réponses des enfants aux expositions environnementales. Bref, l’âge de la mère « pourrait avoir des implications sur la manière dont les médicaments, l'alimentation, l'exercice ou d'autres interventions vont affecter ses enfants ».

Prochaine étape, l’étude des mécanismes moléculaires contrôlant les effets de l'âge maternel, toujours chez les rotifères. Car les rotifères et les humains partageant de nombreux gènes, les chercheurs sont convaincus que leurs découvertes pourraient avoir des implications pour la santé humaine et pourraient, à terme, donner lieu à de nouvelles thérapies contre le vieillissement humain.

 

 

« Il existe déjà de nombreuses études chez l'homme qui suggèrent que l'âge maternel avancé a un impact négatif sur la durée de vie des enfants et augmente les risques de maladies neurodégénératives et autres. Il est probable que l'âge de la mère puisse également impacter la réponse aux conditions environnementales, au mode de vie et aux traitements médicaux ».

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