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Acides gras OMEGA : En réaction avec l’insuline, ils accélèrent les agrégats toxiques

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 2 jours
ACS Chemical Neuroscience
C’est un lien inattendu entre les graisses essentielles et l’agrégation de l’insuline (Visuel Adobe Stock 532078489)

C’est un lien inattendu entre les graisses essentielles et l’agrégation de l’insuline, que vient de mettre en lumière cette équipe de scientifiques du Texas A&M AgriLife Research. La recherche, publiée dans ACS Chemical Neuroscience révèle en pratique que la présence de graisses conduit l'insuline à s'agglutiner et à former des agrégats toxiques et que ces amas pourraient bien être en cause dans le développement de certaines maladies neurodégénératives. En d’autres termes, l’excès de ces acides gras, y compris des omega-3 et des oméga-6 pourrait contribuer à la neurodégénérescence et donc induire des effets contraires à ceux attendus…

 

Ces acides gras en question,  oméga-3 et oméga-6 sont pourtant des composants alimentaires essentiels nécessaires à la croissance cellulaire et aux structures membranaires. On pense également qu’ils offrent de nombreux avantages pour la santé, notamment une amélioration de la mémoire et de la cognition, ainsi qu’une réduction de l’inflammation et des taux de mauvais cholestérol. En raison de ces avantages, il est souvent conseillé de respecter un apport régulier d’aliments riches en ces acides gras – comme les huiles végétales et les poissons gras –. Par ailleurs, beaucoup de ces acides gras - comme l’acide docosahexaénoïque, le DHA, et l’acide arachidonique, l’ARA, ainsi que l’huile de poisson ou encore des combinaisons de différents types d’acides gras, peuvent être pris sous forme de suppléments.

 

L’auteur principal, Dmitry Kurouski, professeur de biochimie et de biophysique au Texas A&M note que pour ces raisons, ces graisses sont généralement considérées comme bonnes ou saines, mais il ajoute : « Cependant, ces acides gras polyinsaturés peuvent avoir un effet très inattendu lorsqu'ils interagissent avec l'insuline. Et cela n’est pas seulement vrai pour un ou deux de ces acides gras, mais la plupart d’entre eux ».

 

L'insuline est une protéine importante pour le métabolisme humain, et la déficience dans la production ou la fonction de l'insuline conduit au diabète. De précédentes recherches ont déjà suggéré que certains acides gras accélèrent l’agrégation de l’insuline. Il s’agit d’un problème car

l’agrégation, ou le regroupement, de protéines dans le corps est liée à une série de maladies neurodégénératives.

 

L’étude décrypte ainsi cette interaction de l'insuline avec les acides gras et teste les interactions entre l’insuline et toute une gamme d’acides gras. Ces combinaisons sont testées dans une solution qui imite les conditions de patients atteints d’amylose dérivée de l’insuline – une maladie rare mais grave qui survient chez les personnes atteintes de diabète de type 1 lorsque des injections répétées d’insuline entraînent une accumulation d’insuline dans la peau. L’analyse de l’impact de 10 acides gras différents sur l’agrégation de l’insuline précise

le rôle des lipides dans la neurodégénérescence :

  • tous les acides gras accélèrent considérablement l’agrégation ;
  • chez des modèles animaux, les agrégats d’insuline dans des cellules cérébrales en présence d’acides gras sont plus toxiques que les agrégats d'insuline formés dans une solution sans graisse ;
  • l'insuline devient très rigide, forme des amas sous la forme de bâtonnets, qui pénètrent dans les cellules et causent beaucoup de dégâts en raison de leur rigidité.

 

Des implications nutritionnelles ? Les chercheurs ne recommandent absolument pas de supprimer ces acides gras essentiels de l’alimentation, mais appellent à poursuivre les recherches :

« la nutrition est complexe, et nous ne devrons rien considérer comme tout noir ou tout blanc, universellement sain ou malsain ».

Ces premières conclusions engagent en effet à clarifier le dosage des acides gras, une quantité trop élevée pouvant favoriser l’agrégation d’insuline et constituer un facteur de risque de maladie neurodégénérative.

 

Il s’agit donc d’élucider les interactions moléculaires entre ces protéines et ces graisses pour mieux comprendre la neurodégénérescence, développer des de traitements capables de briser ces agrégats toxiques et, si possible d’inverser ces maladies actuellement incurables.

A plus court terme, limiter l'excès de graisses. C’est là que la nutrition de précision devient très utile.

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