Actualités

AINS : Sur un risque d’insuffisance cardiaque chez les diabétiques

Actualité publiée il y a 2 mois 13 heures 19 min
ESC Congress 2022
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) préalablement associés à un risque accru d'insuffisance cardiaque en population générale, viennent d’être fortement liés à l'insuffisance cardiaque chez les patients diabétiques (Visuel Fotolia 163542318)

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) préalablement associés à un risque accru d'insuffisance cardiaque en population générale, viennent d’être fortement liés à l'insuffisance cardiaque chez les patients diabétiques, avec cette étude de cliniciens de l'hôpital universitaire de Copenhague, présentée lors du Congrès 2022 de la Société Européenne de Cardiologie (ESC). Ainsi, même une utilisation à court terme d’AINS s’avère associée à un risque très accru de première hospitalisation pour insuffisance cardiaque, chez les patients atteints de diabète de type 2.

 

L’auteur principal, le Dr Anders Holt de l'Hôpital de Copenhague, rappelle, qu’en général, les patients doivent consulter avant de commencer à prendre un nouveau médicament, l’étude rappelle l’importance d’un avis médical, pour la prise d’AINS. L'utilisation d'AINS est déjà associée à un risque accru d'insuffisance cardiaque en population générale, mais les données manquaient jusque-là chez les patients atteints de diabète de type 2.

 

Or, les patients atteints de diabète de type 2 sont plus de 2 fois plus susceptibles de développer une insuffisance cardiaque, les AINS pourraient donc être encore plus préjudiciables.

Diabète et AINS à court terme sont associés à un risque d’insuffisance cardiaque accru de 40 %

L’étude examine l'association entre l'utilisation à court terme d'AINS et le risque de première hospitalisation pour insuffisance cardiaque, dans une cohorte nationale de 331.189 patients atteints de diabète de type 2, inscrits dans les registres danois, âgés de 62 ans en moyenne et à 44 % des femmes. Les patients souffrant d'insuffisance cardiaque ou d'une affection rhumatologique nécessitant l'utilisation à long terme d'AINS ont été exclus. Les données de prescription d'AINS oraux (célécoxib, diclofénac, ibuprofène et naproxène) étaient disponibles, avant première hospitalisation pour insuffisance cardiaque.

 

  • Au cours de la première année de suivi, 16 % des patients ont reçu au moins une prescription d'AINS ;
  • 3 % au moins 3 prescriptions ;
  • l'ibuprofène était l’AINS le plus utilisé, par 12,2 % des patients ;
  • au cours du suivi médian de 6 ans, 23.308 patients ont été hospitalisés pour une insuffisance cardiaque pour la première fois ;
  • la prise d'AINS est associée à un risque accru de 43 % de première hospitalisation pour insuffisance cardiaque,

  • après analyse du risque en fonction de chaque AINS, le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque est augmenté après l'utilisation du diclofénac ou de l’ibuprofène de 46 à 48 % ;
  • enfin, la même association n’est pas retrouvée chez les patients ayant des taux d'hémoglobine glyquée (HbA1c) normaux ou un diabète bien contrôlé ;
  • de fortes associations sont en revanche retrouvées chez les patients de plus de 65 ans, alors qu'aucune association n'a été trouvée chez les moins de 65 ans. L'association la plus forte a été trouvée chez les utilisateurs très peu fréquents ou nouveaux, d'AINS.

 

Il s’agit d’une étude observationnelle qui ne démontre pas la relation de cause à effet, AINS et insuffisance cardiaque chez les patients atteints de diabète de type 2. Cependant, les résultats suggèrent qu'un risque accru d'insuffisance cardiaque doit être pris en compte lors de la prescription de ces médicaments. En revanche, ces données suggèrent qu’il est sûr de prescrire des AINS à court terme aux patients de moins de 65 ans et à ceux dont le diabète est bien contrôlé.

Autres actualités sur le même thème